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C' est en 1927 que Robert Mallet-Stevens a l' idée de créer un groupe réunissant ses collaborateurs et tous ceux qui, au-delà de l' architecture, veulent exploiter les nouveaux matériaux et les nouvelles techniques pour l' adapter à une vision moderne et revalorisée des arts décoratifs. En 1929, il quitte la Société des Artistes Décorateurs et fonde l' Union des Artistes Modernes. Architectes, décorateurs, affichistes, bijoutiers ou verriers s' y retrouveront unis par un commun désir de reconnaissance et d' évolution de l' art décoratif. L' extraordinaire laboratoire que fut la villa Noailles permet très vite à Robert Mallet-Stevens de rencontrer, directement ou indirectement, un grand nombre de décorateurs qui, pour certains, travaillèrent avec lui des années durant. Collaborateurs professionnels parfois devenus amis proches, certains de ces créateurs pâtissent de l' engourdissement dans lequel la très officielle Société des Artistes Décorateurs stagne. Laissés à l' écart à cause de leurs points de vue jugés révolutionnaires, esthétiquement et politiquement, ce petit groupe fonde en 1929 l' Union des Artistes Modernes. Affichistes, architectes, joailliers, ébénistes, maîtres verrier et peintres s' y côtoient dans un credo commun, peut-être naïf, en une modernité porteuse de bien-être pour tous. Les premières années sont jalonnées de problèmes théoriques et techniques, internes et externes au mouvement. Le militantisme social, en vérité plus théorique que pratique, renforce les attaques de ceux qui voient en l' UAM un organe philo-soviétique. Inversement, le système de stands nominaux est contradictoire avec le statut qui invoque une communion des arts mais aussi des artistes et certains membres, dont Chareau, s' en insurgent. En 1934 paraîtra donc un manifeste en forme de contre-attaque, réaffirmant leur amour des matériaux comme de l' art moderne et rejetant, preuves à l' appui, les idées qui voudraient que s' opposent art français et art moderne, usage des machines et tradition, succès économique et intérêt public, art et société, décoration et épurement. L' UAM est très productif et la diversité des métiers représentés est sa force. Les réalisations à grande échelle ou en série font cependant défaut, et le bâtiment UAM de l' Exposition des Arts et Techniques de 1937, co-réalisé par Pingusson, Frantz-Philippe Jourdain (le fils de Francis) et Louis sera son dernier grand projet avant la guerre. C' est un UAM différent qui renaît après 1945. Mallet-Stevens est décédé, Charlotte Perriand a quitté la France pour l' asie, Chareau a décidé de tourner la page. C' est donc Francis Jourdain qui assurera le lien entre la première et la seconde période de l' UAM, dont il deviendra président d' honneur en 1948. En 1949 a lieu ce qui peut être considéré comme la dernière véritable exposition UAM mêlant artistes, artisans et industries. Reconstruction oblige, la participation des architectes est plus importante tandis qu' un concept tourné vers les éléments industriels d' habitat, évoqué dès 1925 par Jourdain et développé par André Hermant, voit le jour : Formes Utiles. Six expositions thématiques seront proposées de 1951 à 1957, année où " Formes Utiles" devient une association indépendante de l' UAM qui sera dissoute l' année suivante. A noter que le Musée d' Art Moderne de Saint-Etienne propose une exposition "FORMES UTILES, les arts ménagers" du 8 octobre 2004 au 16 janvier 2005 Les membres du premier comité directeur de 1930 : HÉLÈNE HENRY RENÉ HERBST FRANCIS JOURDAIN ROBERT MALLET-STEVENS RAYMOND TEMPLIER Les membres actifs de l' UAM tels que présentés dans le manifeste de 1934 : ROSE ADLER
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