
Durée totale du film : 12'30''
Le film est entièrement chapitré :
- Naissance d’un projet (2'30'')
- Du Palais à la Cité (3'')
- Réseau et diversités (2')
- Une histoire pour tous (5')

Réalisation : Jean-Luc Millet
Nathalie Héraud, responsable du département Éducation de la CNHI et Alain Barbé, formateur en histoire à l’IUFM de Versailles, présentent la Cité nationale de l’histoire de l’immigration et les ressources que l’on peut y trouver.
L’immigration est devenue un champ d’investigation pour les historiens dans le courant des années quatre-vingt. Au même moment, en 1981, le droit de créer des associations est donné aux étrangers, suscitant tout un mouvement associatif d’immigrants, ou d’enfants d’immigrés, qui rappelle à la société française l’importance qu’y a joué, et continue d’y jouer, l’immigration. Dès la fin des années 1980, l’idée commence à poindre d’un lieu qui serait consacré à l’histoire et à la mémoire de l’immigration. À la fin des années 1990, les pouvoirs publics s’intéressent à l’idée. Le mouvement débouche sur le projet d’une Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Restait à trouver un lieu pour l’accueillir. Le choix s’est porté sur le palais de la Porte Dorée pour des raisons essentiellement pratiques. On était en 2003, la fermeture du musée des Arts d’Afrique et le transfert de ses collections au musée Branly laissait ce vaste lieu vacant. Le choix de ce lieu a cependant suscité un début de polémique : il s’agit en effet d’un bâtiment construit en 1931, à l’occasion de l’Exposition coloniale internationale. Le palais de la Porte Dorée s’appelait alors « palais des colonies ». Tout son programme décoratif est à la gloire de la colonisation française… Or la Cité nationale de l’histoire de l’immigration n’est pas un lieu dédié à l’histoire de la colonisation, mais bien un lieu dédié à l’histoire de l’immigration. Il faudra donc clairement, pour la Cité, montrer que l’histoire de l’immigration est une histoire différente de l’histoire de la colonisation, que les deux ne se confondent pas, même s’il y a des convergences.
Le terme « Cité » est ici à entendre au sens qu’il a dans Cité des sciences et de l’industrie ou Cité de l’architecture et du patrimoine, c’est-à-dire un lieu qui soit à la fois un musée, une médiathèque, un lieu de programmation culturelle, ainsi qu’un réseau d’associations locales ou nationales. La Cité travaille avec des partenaires institutionnels (comme le ministère de l’Éducation nationale), des partenaires associatifs (comme l’association Génériques), et fait partie d’un réseau international de musées de l’histoire de l’immigration. Lieu central à Paris, elle est aussi constituée d’un réseau de partenaires qui oeuvrent ensemble au changement des représentations liées à l’immigration.
Enfin ce lieu peut être visité par tous les publics scolaires, de l’enseignement primaire à l’enseignement supérieur, grâce à des parcours adaptés à chaque niveau d’enseignement, qui permettent une découverte active. Ces parcours ont été construits avec des enseignants, car dès le départ, le projet muséographique a été indissociable du projet pédagogique. L’étude de l’histoire de l’immigration ainsi conçue donne du sens aux apprentissages et à la compréhension du présent. Il y a une véritable interaction entre le musée et le travail en classe. Un partenariat se met en place avec les académies, notamment en ce qui concerne la formation des enseignants. La présentation s’achève sur le voeu de Gérard Noiriel : « Mon rêve serait que la Cité fonctionne à la manière d’une université populaire. Je déteste le misérabilisme, la victimisation ; c’est une logique qui enferme au lieu d’ouvrir. Je ne veux pas que ce soit un endroit où après avoir célébré nos ancêtres les Gaulois, on célèbre nos ancêtres les immigrés, en recréant un ‘eux et nous’ ».