
Durée totale du film : 1h 12'14''
Le film est entièrement chapitré :
- Évry : la figure de l’autre (6'19'')
- Nanterre : mémoire(s) des Fontenelles (8'06'')
- Villiers-le-Bel : d’une rive à l’autre (10'48'')
- Champigny : images de guerre, l’Algérie (18'45'')
- Grigny : mémoires familiales (12'13'')
- Nanterre : mémoire(s) des Fontenelles (8'40'')
- Paris XIe : étranges étrangers (5'45'')

Réalisation : Jean-Luc Millet
À l’école, au collège ou au lycée, des enfants nés ici retrouvent tous les jours sur les mêmes bancs des enfants nés souvent ici dont les parents viennent d’ailleurs. À partir de ces histoires singulières et diverses, comment l’enseignant peut-il faire pour enseigner une histoire commune ? Comment travailler en classe sur l’histoire de l’immigration ?
L’enseignement de l’histoire de l’immigration ne figure pas encore dans les programmes scolaires en tant que tel. Pourtant, cette histoire est indissociable de l’histoire de France, particulièrement pour ce qui concerne les deux derniers siècles. Force est de constater que la nation française s’est constituée à partir de multiples vagues d’immigrants, qui ont contribué à l’essor économique du pays et qui l’ont défendu à ses heures sombres. Aussi les enseignants sont-ils amenés à aborder ce thème en classe dans diverses disciplines et à travers différents éclairages, dans des projets sur l’immigration, la lutte contre les discriminations, la mémoire coloniale...
Les classes d’Île-de-France, qui ont été filmées du collège à l’IUT, reflètent l’hétérogénéité que l’on peut rencontrer dans ses établissements scolaires : elles sont très métissées et la plupart des élèves sont d’origine étrangère ou ont au moins un ascendant d’origine étrangère. Beaucoup d’entre eux, en outre, viennent d’un ancien pays colonisé. Or les projets menés autour de l’histoire de l’immigration s’avèrent encore plus nécessaires dans des classes ainsi constituées, où les élèves sont bien souvent dans une quête identitaire. L’enjeu pour l’enseignant est alors de travailler sur cette mémoire familiale pour la resituer dans l’histoire, la difficulté résidant dans le rapport à l’émotion : comment lui laisser une place tout en la maintenant à distance pour l’empêcher de dominer l’enseignement, dont le bon déroulement requiert un minimum de sérénité ?
Le film ne met pas en scène que des situations modèles. Il se veut autant le reflet des écueils et des difficultés inhérents à ce type de projets, que de l’enthousiasme qu’ils peuvent susciter et du lien qu’ils peuvent créer au sein d’une classe. Par sa forme, qui mêle les projets, les disciplines, qui alterne entre séances de classe, sorties, jeu théâtral, rencontres avec des témoins, des artistes…, qui donne à voir les doutes, les interrogations des élèves et de leurs professeurs, ce film est appelé à intéresser un public plus large que le public enseignant et a l’ambition d’offrir un regard sociologique sur notre société.