
Durée totale du film : 32'50''
Le film est entièrement chapitré :
- Le racisme, c’est quoi ? (7'10'')
- Le racisme, ça sert à quoi ? (6'45'')
- Nazisme et fantasme : l’Homme nouveau (4'20'')
- Grandes lois universelles après 1945 (1'20'')
- Cambodge, Yougoslavie, Rwanda : purifications modernes (3')
- Réussite sud-africaine : la fin de l’apartheid (1'55'')
- Comment lutter contre le racisme ? (3'20'')
- Sans-papiers : une nouvelle forme d’exclusion (5')

Réalisation : Anna Pitoun et Valérie Mitteaux
À l’aide de documents d’archives et des interventions d’Henriette Asséo et de Claude Liauzu, historiens, de Danièle Lochak, juriste, de Sylvie Zucca-Quesemand, psychiatre et psychanalyste, ce film a pour but de susciter des réactions fortes sur l’absurdité de la notion de race et de tenter de décrypter ce qui fonde la peur et la haine du « différent ».
Le film rappelle que depuis l’Antiquité, la plupart des sociétés ont eu, à des degrés divers, une attitude xénophobe. Ainsi, au VIe siècle av. J. C., les Grecs classent les groupes humains en fonction de leur situation géographique : plus les peuples s’éloignent du centre idéal – la Grèce égéenne – plus leurs caractères se dégradent vers la « barbarie ». Dans le monde arabo-musulman, l’esclavage est pratiqué dès le VIIe siècle et jusqu’au XVIe siècle. Après les découvertes de Colomb, les Européens déportent et réduisent en esclavage, pendant trois siècles, plus de dix millions de Noirs, selon des estimations. L’article 12 du Code noir précisait que « les enfants qui naîtront des mariages entre les esclaves, seront esclaves, et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves ».
On verra qu’au XVIIe siècle, la notion de race ne s’applique qu’aux animaux et aux végétaux, et qu’au XVIIIe siècle les classifications humaines se développent à partir de considérations sur l’environnement. C’est au XIXe siècle que le racisme prend une forme spécifique, comme on le voit à travers l’oeuvre de J.-A. Gobineau, l’Essai sur l’inégalité des races humaines, dans laquelle on lit : « Toute civilisation découle de la race blanche, aucune ne peut exister sans le concours de cette race ». L’histoire du monde officiellement raciste que diffuse Hitler dans Mein Kampf s’appuie sur de telles distinctions sans fondement entre une « race supérieure » composée d’Aryens, des races « abâtardies » et des races inférieures. Hitler y ajoute le mépris (pour les Noirs) ou la haine (pour les Juifs), une haine qui s’est traduite par l’extermination de six millions de personnes.
Quelques dates marquent les avancées de la lutte contre le racisme : après la Seconde Guerre mondiale et la chute du nazisme, des États se dotent de conventions internationales affirmant l’universalité des Droits humains. La « Déclaration sur la race » publiée en 1950 par l’UNESCO affirme l’impossibilité de classifier les êtres humains selon une race présupposée et incite les biologistes à rappeler régulièrement l’absence de validité scientifique de la notion de « races humaines ». Cependant, la peur de l’autre rejaillit à intervalles réguliers. La seconde partie du XXe siècle voit en effet éclater en Europe et dans le monde des conflits violents dans lesquels l’origine ethnique ou religieuse des participants est de nouveau mise en avant pour des motifs haineux.
Le film explore également les actions susceptibles de faire évoluer les mentalités et de permettre la rencontre des cultures à travers des exemples concrets, comme le travail de l’association Handy et Manchu. Son programme « Comprendre et Agir le monde » propose à douze jeunes de 16 à 25 ans d’origines différentes de travailler à faire connaître leur environnement et de débattre sur leur place dans celui-ci. On suivra un projet, déroulé principalement à la Cartoucherie de Vincennes, au terme duquel le groupe a réalisé une conférence-spectacle sur le thème du rapport de l’individu à son environnement, qui a été présentée dans différents lieux publics de la région Île-de-France.
La construction du film croise les récits historiques et les expériences présentes de lutte contre la xénophobie. « On ne peut entrer en société qu’en étant mêlé à une histoire » affirme l’écrivain Jean-Godefroy Bidima. Faire de son histoire la porte d’entrée du monde, le seuil devant lequel on se présente tous, est le fil directeur de ce film et de sa lutte contre la xénophobie : un sentiment qui peut, toujours, en chacun d’entre nous, trouver à se glisser si l’on n’y prend garde.