logo titreLes Portugais en France

Quelle intégration ?

 

Niveau de classe Seconde générale et technologique
Discipline Education civique, juridique et sociale
Place dans les programmes d'E.C.J.S.

Thème : « Citoyenneté et intégration »
Notions : « intégration, nationalité, droits civils et politiques, droits sociaux et économiques »

 

Problématique

Comment caractériser la place des immigrés portugais et de leurs descendants dans la société française ?

Objectifs

Distinguer les notions d’assimilation, acculturation, insertion et intégration :

Assimilation : processus de perte des caractères culturels distinctifs d’une population immigrée, ou bien soumise à une invasion, à une colonisation ou à une influence culturelle*.
Acculturation : adoption progressive de comportements et normes empruntés à la culture du pays d’accueil, pertes et emprunts étant évidemment liés*.
Insertion : introduction d’un objet particulier, qui conserve son identité et ses caractéristiques tout en contribuant à la cohérence, au sens, voire à l’harmonie d’un ensemble*.
Intégration : Par intégration, on désigne toutes les formes de participation à la vie collective par l’activité, le respect de normes communes, les échanges avec les autres, les comportements familiaux, culturels et religieux*.
Processus qui, rapporté au phénomène migratoire, exprime une dynamique d’échange, dans laquelle chaque élément compte à part entière. Le corollaire est que chacun accepte de se constituer partie du tout et s’engage à respecter l’intégrité de l’ensemble***. L’intégration se développe selon deux dimensions : la première, plus objective, en partie volontaire, recouvre la participation à des structures contraignantes (activités professionnelles, institutions sociales et politiques …) et adoption de normes communes (modèle familial, langue, comportements sociaux …) ; la seconde, plus subjective, voire affective, prend la forme du développement d’un sentiment d’appartenance à une même communauté**.

* E.C.J.S. en classe de seconde générale et technologique, B.O. hors série n° 6 du 29 août 2002, Ministère de l’Education nationale.

** Jean-Pierre Obin, Annette Obin-Coulon, Immigration et intégration, Paris, Hachette éducation, Questions d’éducation, 1999.

*** Jacqueline Costa-Lascoux, « Assimilation, intégration ou insertion ? Querelles sémantiques et choix politiques » Les immigrés dans la société française, Problèmes politiques et sociaux n° 916, Paris, La documentation française, septembre 2005.

Consigne
  • Que nous apprend le film concernant la langue, les activités professionnelles, les mariages, la vie associative, la participation politique, les pratiques religieuses, la transmission de la mémoire, la consommation, les relations avec le Portugal des Portugais de France et leurs descendants ?
  • Relever les facteurs favorables et les obstacles à leur intégration en France et les limites de celle-ci.
  • Entre les immigrés portugais et leurs descendants, quelles évolutions peut-on observer concernant leurs relations à la France ?
  • Entre insertion, acculturation, intégration et assimilation, comment qualifier la place qu’occupent les immigrés portugais et leurs descendants ?
Séquence du DVD

DVD partie 1. Portugais de France : histoire de générations. 33 mn.

 

Ce que nous apprend le DVD

Difficulté d’adaptation des immigrés portugais (méconnaissance de la langue française, origine rurale, absence de structures d’accueil). Témoignages sur le mal du pays, le sentiment d’être étranger et en France et au Portugal.

De la première à la deuxième génération : usage progressif de la langue française, disparition de l’accent.

Exclusion par le logement : bidonvilles à forte présence portugaise appelés « Petit Portugal », « Petit Lisbonne ». Les bidonvilles ne sont pas intégrés à la voirie, aux réseaux d’eau, égouts, électricité, gaz du reste de la commune.

Portugais victimes de violences, de rejets.

Portugais cantonnés aux travaux pénibles et mal payés : bâtiment et travaux publics, mines, usines, tâches domestiques.

Le silence des parents sur leurs conditions de vie, les souffrances endurées durant le voyage clandestin et dans les bidonvilles laisse la place à la volonté de leurs enfants et petits enfants de connaître l’histoire familiale et de voir l’histoire des immigrés intégrée à l’histoire nationale.

La participation de corps expéditionnaires portugais aux combats en France durant la première guerre mondiale ne leur permet pas, après cette guerre, d’intégrer la communauté nationale malgré les cérémonies et plaques commémoratives.

Sentiment des Portugais de ne pas voir reconnu leur apport au développement de la France (construction du métro, ponts, routes, autoroutes …).

Faible participation à la vie politique française : malgré la participation d’ouvriers portugais aux luttes de mai 1968, les Portugais participent peu aux élections locales en France, revendiquent peu leurs droits, s’inscrivent peu sur les listes électorales.

Actions politiques en direction des Portugais : délégation du P.C.F. conduite par Georges Marchais le 3 décembre 1967 dans le bidonville de Champigny, initiatives de la municipalité de Fontenay-sous-Bois pour perpétrer l’esprit du 25 avril 1974 (Fête de la Révolution des Œillets, plaque et sculpture commémoratives) et pour favoriser l’intégration portugaise (Maison de l’Amitié franco-portugaise, défilé annuel).

Vie associative et culturelle des Portugais de France très riche : équipes de football, fête des Saints populaires, nombreuses associations culturelles, sportives, religieuses, sites internet, restaurants de cuisine portugaise, supermarchés de produits portugais, banques, discothèques, groupes de musique et danses portugaises.

Affirmation de l’identité portugaise : soutien à l’équipe portugaise de football, port du maillot et des couleurs portugaises.

Sentiment d’une double appartenance française et portugaise, attachement aux deux pays, mélange des deux cultures chez l’artiste née en France de parents portugais mariée à un Français. Nombreux aller-retour entre la France et le Portugal  pour passer des vacances ou suivre des études. Désir chez certains d’un retour au pays.

© Didier Frydman - CRDP de l'académie de Créteil 2008