Titre : T'es
pas ma mère
Auteur : Prune Berge
Une mère reprend contact avec sa fille 20 ans après l'avoir abandonnée. Commence alors une nouvelle vie pour chacune des protagonistes : Stéphanie, la fille ; Anne Vallo, la mère et Colette Bouvier, la mère adoptive. Comment se réapproprier son passé pour envisager et construire son avenir de manière sereine ?
- Il s'agit d'un roman épistolaire court (dix lettres), abordable dans son expression. La difficulté réside davantage dans les idées développées, les réflexions menées ou suggérées qui, pour être bien appréciées et amener à un dialogue pertinent, nécessitent une certaine maturité.
- Cette lecture intéressante propose le récit d'un parcours initiatique qui amène Stéphanie, la jeune fille, à une réconciliation avec son passé et sa mère "biologique", mais surtout qui lui permet d'apprécier totalement son amour pour sa mère adoptive. Cette libération voit son ultime aboutissement dans le fait de devenir elle-même maman...
- C'est un livre de "femmes" : la transmission entre les générations
et les rôles essentiels des mères (et de la grand-mère qui
tente de rétablir les liens) sont au centre du récit.
On peut envisager la lecture de cette œuvre avec des publics variés (CAP, BEP) mais dont le niveau de lecture et de compréhension est "correct " : le choix reste à l'appréciation de chacun selon les aptitudes de la classe (une proposition d'exploitation en classe de CAP figure dans le document d'accompagnement provisoire des nouveaux programmes). Il est cependant peut-être préférable d'aborder cette uvre avec un public féminin, plus sensible à ces questions.
Il serait intéressant de mettre l'accent sur les caractéristiques du roman épistolaire : comment y est traitée la temporalité et quel peut être le symbole des différents lieux évoqués ? La multiplicité de ces lieux est-elle à mettre en relation avec la fuite de Stéphanie qui refuse cette nouvelle réalité ?
L'étude de l'évolution des différents personnages est également une piste à ne pas négliger. On peut insister sur les rapports interactifs qui naissent entre ces femmes. Les interrogations de Stéphanie, par exemple, influencent sa mère biologique qui, elle-même, décide de partir à la recherche de sa propre mère. Une étude comparée des première et dernière lettres permet d'aborder ces points.
La lecture de cette uvre peut également aboutir à une réflexion
pertinente sur l'adoption, les droits de l'enfant, de la mère adoptive,
les multiples problèmes posés. L'interdisciplinarité avec
l'ECJS et le chapitre des liens familiaux est ainsi à exploiter, le débat
en est facilité.
