Titre : Yasmina, la rebelle du Chélif
Auteur : Guy Granger
Cette histoire se passe en Algérie pendant la colonisation. Yasmina est une jeune femme algérienne, qui depuis l’enfance porte en elle les germes de la rébellion. En effet, dès son plus jeune âge, elle refusera tous les carcans que lui impose la société traditionnelle algérienne. L’instruction qu’elle reçoit à l’école française l’initiera aux valeurs républicaines qui inéluctablement la mèneront dans le maquis. Ainsi, s’écrivent les pages de son journal intime auquel elle confie sa vie, ses joies, ses peines, son combat et son terrible secret.
Yasmina pourra-t-elle garder ce jardin secret ? Et à quel prix ?
Ce livre évoque l’Algérie française, la cohabitation des Pieds Noirs et des Algériens. Il nous fait part du quotidien d’une jeune algérienne. Yasmina côtoie une famille de Français ce qui lui ouvrira les portes de l’école française. C’est sur les bancs de la république qu’elle apprendra et prendra conscience d’une certaine forme de liberté. Malgré l’évocation d’un contexte historique lourd, l’histoire ne tombe jamais dans un manichéisme colonial facile. Un subtil équilibre s’opère car Yasmina, depuis son enfance aime François le fils d’un colon. Dès lors, elle est tiraillée par l’amour de cet homme et celui de son pays, mais les deux se rejoignent dans un idéal universel celui du droit de la femme à disposer d’elle-même, et celui des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Dans le cadre de l’étude de la guerre d’Algérie en CAP, ce livre offre des passages susceptibles d’éclairer les élèves sur ce conflit. Il permet de partir à la découverte de l’autre car ce récit de vie, dans lequel se construit l’engagement d’une jeune femme, renferme une galerie de portraits d’individus issus de mondes complètement différents qui vivent ensemble sans jamais se comprendre réellement. L’histoire commence par l’arrestation de Yasmina. C’est au cours de son incarcération qu’elle écrira un journal où elle raconte son cheminement d’une enfance studieuse jusqu’au maquis. Nous assistons alors à la construction d’une rebelle. Elle va chercher à s’insérer dans le groupe des détenues mais en sacrifiant son amour. Seule l’écriture lui permet d’entretenir cette flamme et vient sauver le souvenir qui sera le témoignage posthume de Yasmina. Ce journal devient un confident, l’exutoire d’une jeune Algérienne qui aime un Français et qui aime son pays, l’Algérie.
