
Cet entretien a été réalisé lors d'une animation
pédagogique sur les nouveautés en littérature de jeunesse,
au CRDP, en novembre 2005.
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le compte rendu de l'animation pédagogique
Jean-Michel Payet a été sélectionné pour le 17ème
prix des Incorruptibles, dans la catégorie CM2-6ème, avec son
roman publié en 2004 :
Questions pour un crapaud
Milan 2004
col. Cadet + aventures
Entretien mené par Marianne Viremouneix, du Prix des Incorruptibles.
Pourquoi n'avoir pas illustré votre propre roman ?
J-M P : Je ne voulais pas illustrer moi-même mon premier roman pour garder la possibilité de mettre dans le texte tout ce que j'avais à dire, qu'il se tienne par lui-même. D'autre part, je trouve intéressante la lecture de l'histoire que propose l'illustrateur. Si j'avais illustré, j'aurais peut-être été redondant, ou je me serais interdit certaines scènes, je me serais peut-être censuré. Je me sentais beaucoup plus libre en n'écrivant que le texte. Je trouvaiségalement intéressant de me placer du côté opposé à celui où je me trouve habituellement.
Qu'est
ce qui vous a inspiré cette histoire ?
J-M P : Plusieurs éléments sont imbriqués. Je cherchais une dimension un peu fantastique, mais l'histoire s'est nourrie peu à peu. Le personnage de Moctezuma Sanchez, par exemple, vient d'un personnage que j'avais déjà illustré. J'avais donc des connaissances sur le sujet. Le professeur d'histoire qui raconte à ses élèves la conquête du Mexique me rappelle un de mes professeurs. En ce qui concerne l'épisode du jeu télévisé, je fus candidat au jeu Monsieur Cinéma il y a quelques années, et je m'en suis servi.
Votre rapport au livre est-il différent selon que vous l'écrivez ou que vous l'illustrez ?
J-M P : Il est complètement différent dans la mesure où lorsque j'illustre un livre, je suis contacté par un éditeur qui me demande le travail pour une collection, dans un format déterminé, en couleur ou en noir et blanc... Parfois la maquette est déjà prévue et je connais le positionnement des images. Au contraire, lorsque j'écris, je n'ai pas de commande, j'y passe le temps que je souhaite. Les contraintes sont moindres. Il m'est arrivé de travailler pendant des mois sur une histoire sans la finir. La liberté est grande et en même temps, elle fait peur. Par exemple, j'avais travaillé sur Questions pour un crapaud en 2002, puis j'avais mis de côté l'histoire et je l'ai écrite en une semaine pendant l'été 2003.
Êtes-vous déjà allé à la rencontre de vos lecteurs pour ce titre ?
J-M P : J'ai rencontré un assez grand nombre de classes depuis la rentrée, à Narbonne, à Créteil... J'aime citer Michel Tournier qui dit qu'un livre n'existe que lorsqu'il y a des lecteurs en face. Le retour du public est merveilleux car il nous permet de voir le livre vivre. On se rend compte des interprétations variées et de la façon dont l'histoire prend parfois des formes différentes en fonction de la façon dont les lecteurs l'ont perçue. Certains enfants m'ont demandé si j'avais l'intention d'écrire une suite. Cette question me fait plaisir car elle montre qu'ils sont attachés au personnage de Jock. Mais l'histoire est construite avec une petite frustration finale pour laisser la place à l'imaginaire et non pour installer un suspense ou une sorte de feuilleton. Écrire une suite risquerait de devenir un procédé qui ne me semble pas souhaitable.
Qu'est-ce qui vous a attiré vers la littérature de jeunesse ?
J-M P : J'ai commencé par l'illustration, qui est presque entièrement réservée pour l'instant au secteur jeunesse, en dehors de la BD. J'étais donc d'emblée dans la logique "jeunesse" et j'y suis resté en passant au texte. Je m'y sens bien. Nous connaissons peu les phénomènes de vedettariat, les enjeux des prix pour adultes. La créativité et la diversité du secteur jeunesse est fabuleuse. Malgré tout ce qui est produit, j'ai la sensation qu'il reste beaucoup à faire et à explorer. Les adultes ne devraient pas se priver de la littérature jeunesse. Je lis moi-même par plaisir pur de nombreux romans jeunesse. Parfois, on ne sait pas situer la limite ; la gamme est très étendue, sans faire l'objet de grands débats théoriques.
Compte rendu rédigé et mis en ligne par Chantal Bouguennec le 19/12/2005.
Cet entretien a été réalisé lors d'une animation
pédagogique sur les nouveautésen littérature de jeunesse,
au CRDP, en novembre 2005.
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