Valérie Dayre est née en 1958 et vit dans le Berry. Elle est l'auteur d'une quinzaine de livres pour enfants et adolescents et consacre presque tout son temps à l'écriture. Elle est également traductrice et auteur de quelques ouvrages pour adultes.
Ses textes, jamais mièvres, parlent souvent de cruauté, de vérité et de mensonge, de mort. Ce sont des constructions savamment organisées qui ressemblent parfois à des jeux de pistes et invitent le lecteur à comprendre le point de vue de l'auteur sur le monde, la société, à travers le regard de ses personnages. Elle possède un incontestable talent d'écriture maîtrisée.
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Virus 
La Joie de lire - 2007
Retour en Afrique
L'école des loisirs
Neuf - 2004
Comme le pas d'un fantôme
L'école des loisirs - 2002
(Le pas des fantômes : Rageot - 1992)
C'est
la vie, Lili
L'école des loisirs - 2002 - 1991
Prix Sorcières 1992
Les nouveaux malheurs de Sophie
L'école des loisirs - 2001
Miranda s'en va
Illustré par Jean-Louis Henriot
L'école des loisirs - 2000
Milan (zanzibar) - 1991
Sale gamine
École des loisirs - 1999
Sa dernière blague
Illustré par Alain Mets
L'école des loisirs - 1998
Je veux voir Marcos
L'école des loisirs - 1998
Le jour où on a mangé l'écrivain
L'école des loisirs - 1997
L'Ogresse en pleurs (épuisé)
Illustré par Wolf Erlbruch
Milan - 1996
Série des Gaspard
Dimanche, Gaspard s'amuse
Illustré
par Hervé Pinel
L'école des loisirs - 2003
Samedi, Gaspard fait l'andouille
Illustré par Dorothée de Monfreid
L'école des loisirs - 2002
Vendredi, Gaspard dans la nuit
Illustré par Philippe Dumas
L'école des loisirs - 2002
Jeudi, Gaspard a mal aux dents
Illustré par Pascale Bougeault
L'école des loisirs - 2001
Mercredi, Gaspard est amoureux
Illustré par Alan Mets
L'école des loisirs - 2000
Mardi, Gaspard va à l'école
Illustré par Isabelle Bonameau
L'école des loisirs - 2000
Lundi, Gaspard prend le train
L'école des loisirs - 1999
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Nous proposons deux groupements différents selon l'âge
du public concerné : la série des Gaspard, Sa dernière
blague et Retour en Afrique pour les plus jeunes, les autres
romans pour les adolescents. Miranda s'en va peut être situé
comme une passerelle entre les deux corpus, l'écriture à
la troisième personne autorisant davantage la mise à distance.
Il en est de même pour L'Ogresse en pleurs, le seul album,
qui rejoint les contes de dévoration et peut être abordé
à tous les âges, avec des niveaux de lecture différents.
Le caractère analytique de certaines des activités que
nous proposons ci-dessous est à réserver aux élèves
de collège. Avec les élèves de primaire, il s'agira
de s'approprier les textes par la lecture, la réflexion collective,
les propositions d'interprétation, les comparaisons et la mise
en réseau avec d'autres textes.
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Pistes d'analyse et propositions d'activités
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La psychologie des personnages
Le héros est souvent un personnage singulier. Son identité
et sa psychologie présentent toujours un grand intérêt.
Le lecteur est comme placé dans l'esprit du personnage, il accède
à son intériorité, il le sent vivre de l'intérieur.
Il s'approprie le regard, le point de vue du personnage central sur le
monde, sa sensibilité, sa réaction à l'environnement
et souvent sa révolte intérieure.
La psychologie des personnages et leurs différentes facettes
Il s'agit souvent du regard porté par un enfant sur le monde,
que le lecteur appréhende comme à travers un prisme déformant
(Gaspard, Comme le pas d'un fantôme, Miranda s'en va, Sa dernière
blague, C'est la vie Lili, Les nouveaux malheurs de Sophie).
Les personnages sont confrontés à de vrais problèmes
(problèmes affectifs, problèmes de société).
Ils se posent des questions, s'inventent des histoires, rencontrent parfois
le réel, parfois non.
Dans la plupart des ouvrages, le personnage principal est vu à
travers le regard des autres personnages et le lecteur en obtient ainsi
un kaléidoscope selon les différents points de vue. À
lui ensuite de reconstituer le puzzle pour se faire sa propre opinion
du héros : dans Je veux voir Marcos, on se fait une
idée de Pablo à travers les témoignages de ceux qui
l'ont connu.
Dans Le jour où on a mangé l'écrivain, l'histoire
est racontée selon des points de vue différents par les
élèves de la classe ayant rencontré l'écrivain.
Dans Sale gamine, Marguerite passe sans arrêt de l'affection
au mépris envers Ninon. On peut recenser trente-huit signifiants
pour désigner l'enfant, de "sa seigneurie junior" à
"la pauv' tiote", en passant par "chipie", "la
poupée", "péronnelle", "petit monstre"…).
Cela permet de pointer avec les élèves l'ambiguïté
des sentiments des personnages de Valérie Dayre qui oscillent entre
dérision et gravité, doute et certitude, honte et fierté,
amour et mépris…
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Activités à proposer :
- Rechercher les livres où le personnage principal est vu à
travers le regard des autres personnages.
- Comparer les différents points de vue sur un personnage.
- Comparer la façon de présenter le personnage principal
dans les différents livres de Valérie Dayre.
- Lister ce qui est dit et ce qui est pensé (Sale gamine).
Dans une mise en scène, faire jouer par deux élèves
différents ce qui est pensé et ce qui est dit par un même
personnage .
- Rechercher, étudier les chaînes anaphoriques : désignation
des personnages principaux, des personnages secondaires. Par exemple dans
Sale gamine, effectuer un travail sur la connotation : rechercher
les mots et expressions qui marquent l'affection ou le rejet de Marguerite
envers Ninon.
- Repérer les oppositions dans l'évolution des sentiments
des personnages.
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L'opposition ou l'incommunicabilité entre les adultes et les
enfants
Les enfants des romans de Valérie Dayre vivent souvent dans leur
monde et n'arrivent pas à exprimer leur combat auprès des
adultes. Ils ne se laissent pas faire et se battent contre un monde qu'ils
trouvent injuste. Ce sont les enfants qui sont porteurs d'action dans
la plupart des livres. Il existe parfois une coalition d'enfants contre
le monde des adultes (Miranda s'en va) ou une opposition très
marquée entre les personnalités d'un personnage enfant et
d'un personnage adulte (Sale gamine).
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Activités à proposer :
- Identifier les personnages adultes et les personnages enfants. Comparer
leurs personnalités, leurs comportements, leur vision du monde,
leurs réactions…
- Creuser la piste du renoncement des parents ou leur absence.
- Repérer dans les différents livres le regard critique
des enfants sur les adultes.
- Repérer les personnages adultes qui n'assument pas leurs actes.
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La représentation des personnages féminins et des personnages
masculins
Les personnages féminins sont mis en avant dans la plupart des
livres (Je veux voir Marcos, C'est la vie Lili, Sale gamine, Miranda
s'en va…). Dans Comme le pas d'un fantôme, les héros
agissant sont essentiellement masculins, mais le personnage de Marianne
tient une grande place à travers ses lettres..
Les mères sont soit dévoreuses (L'Ogresse en pleurs),
soit compréhensives et attentives, même éloignées
(Les nouveaux malheurs de Sophie), soit absentes (Gaspard, Sale
gamine), ou effacées (C'est la vie, Lili).
Le fantasme de la dévoration apparaît de façon évidente
dans L'Ogresse en pleurs et Le jour où on a mangé
l'écrivain, de façon plus discrète dans d'autres
ouvrages (Gaspard, Sa dernière blague).
On peut retrouver le fantasme primitif d'abandon dans les relations parents-enfants.
Les enfants sont souvent amenés à prendre leurs décisions
et à agir seuls.
Dans L'Ogresse en pleurs, on assiste à une inversion des
rôles homme-femme (la femme est représentée d'une
façon masculine, l'homme est blafard et effacé), alors que
seul le couple peut protéger l'enfant de la dévoration.
Dans cet album, contrairement aux romans, c'est la parole de l'adulte
qui prime.
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Activités à proposer :
- Classer les personnages féminins et les personnages masculins.
- Repérer leurs positions sociales, professionnelles.
- Analyser les personnalités des mères. Il s'agit souvent
de mères bienveillantes qui ne peuvent pas empêcher l'imaginaire
ou le réel de se produire (C'est la vie, Lili, Les nouveaux
malheurs de Sophie).
- Rechercher dans l'uvre de Valérie Dayre des représentations
des fantasmes primitifs de l'enfance.
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Le côté initiatique de chaque aventure
À l'issue de l'aventure, l'enfant ou l'adolescent héros
peut accéder à un autre niveau, à une acceptation
de soi, ou de la réalité. Lili accepte ses parents (C'est
la vie Lili), Sophie a reçu une leçon de vie (Les
nouveaux malheurs de Sophie)…
Les personnages enfants assument leurs actes ; ils ne cherchent pas
à se trouver des excuses (Miranda s'en va).
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Activités à proposer :
- Chercher dans chaque livre ce qui a permis au héros d'évoluer.
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La construction du récit et la manipulation du lecteur
La structure narrative
La construction des récits est souvent très subtile, proposant
des morceaux d'histoires imbriquées et des fausses pistes, et cela
en fait parfois des ouvrages difficiles à comprendre pour des lecteurs
inexpérimentés (C'est la vie, Lili). On a parfois
besoin de relire pour remettre en place les différents éléments
ou rechercher des indices qui échappent à une première
lecture. Valérie Dayre bouscule les règles du jeu de la
fiction et du pacte fictionnel passé avec le lecteur. Elle sollicite
constamment sa curiosité et sa coopération (Retour en
Afrique).
Le récit est souvent construit comme une enquête dans laquelle
on avance en même temps que les personnages (Sale gamine, Je
veux voir Marcos) ou d'une énigme (Comme le pas d'un fantôme)
avec des non-dits et la recherche d'un secret que le lecteur découvre
peu à peu avec le héros. Même lorsque le cadre est
convenu, le ton, le style, l'humour donnent un texte très original,
souvent provocateur.
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Activités
à proposer :
- Repérer la construction du récit
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Le traitement du temps
Les histoires racontées par Valérie Dayre sont concentrées
sur un temps très court, resserré : une journée
(Gaspard), une nuit, quelques jours (Sale gamine), une semaine
(Je veux voir Marcos). Mais la construction du récit est
subtile et permet d'opposer temps fictif et temps réel. Elle permet
souvent des retours dans le passé, dans les souvenirs des personnages
(Les nouveaux malheurs de Sophie), un va-et-vient entre passé
et présent, voire un futur hypothétique ou peu probable
(Sale gamine), la découverte d'une autre époque (Comme
le pas d'un fantôme), un temps imaginaire (C'est la vie,
Lili).
Dans la plupart des ouvrages, plusieurs temps se superposent : le
temps du héros dans le présent, les temps d'autres personnages
secondaires, le temps passé raconté ou lu…
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Activités à proposer :
- Repérer le temps du texte, le temps des souvenirs, les retours
en arrière…
- À partir de la série des Gaspard, dont chaque titre
correspond à une histoire qui se déroule sur un jour de
la semaine (sept jours, sept histoires, une constante : le personnage
de Gaspard) :
- organiser un rallye sur une semaine
- imaginer un 8ème jour et une aventure de Gaspard ce jour-là
- créer une série sur une autre semaine avec un personnage
à l'opposé de Gaspard (un personnage féminin, ou
fragile, trouillard…)
- faire le portrait-robot de Gaspard
- chercher d'autres livres qui fonctionnent sur le même principe
(journaux intimes)
- chercher des séries utilisant un même héros d'un
livre à l'autre
- représenter visuellement différents temps qui se superposent
dans les récits. Par exemple, dans Mardi, Gaspard va à
l'école, on peut représenter par un schéma le
temps des différents personnages acteurs de l'histoire :

- Rechercher les "blancs" au niveau du temps, des représentations
du temps en "pointillé".
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L'imaginaire et le mensonge
Valérie Dayre nous offre des personnages à la sensibilité
à fleur de peau, qui réagissent à l'environnement,
"déraillent" et basculent dans l'imaginaire après
un élément déclencheur (par exemple l'abandon du
chien dans C'est la vie Lili). Cette sensibilité les rend
attachants et donne envie au lecteur de les suivre. Mais l'adulte est
rattrapé par le réalisme, alors qu'il faudrait accepter
l'impossible.
L'utilisation de l'imaginaire, du mensonge, montre de quelle façon
le personnage principal se méprend sur sa relation avec ce qui
l'entoure. Cela nous permet d'étudier la subjectivité du
narrateur et comment il construit son propre univers de référence.
Le personnage central nous fait croire à ce qu'il voit et jette
souvent le lecteur dans un monde cruel, étrange (Comme le pas
d'un fantôme ; C'est la vie Lili ; Lundi, Gaspard prend
le train). Il l'embarque sur des fausses pistes, parfois en semblant
le prendre comme confident de ses mensonges (C'est la vie, Lili).
Le lecteur est manipulé, pris au piège, jusqu'à la
chute, parfois ambiguë ou floue.
Dans Les nouveaux malheurs de Sophie la trame de l'histoire est
basée sur les mensonges et les non-dits.
Dans L'Ogresse en pleurs, on essaie d'atténuer la monstruosité,
de trouver des excuses à la mère dévoreuse qui pourtant
reste dans le déni.
La petite Ninon de Sale gamine invente des mensonges pour se faire
accepter de la vieille femme marginale. Cet ouvrage présente aussi
des changements de focalisation qui ne sont pas signalés par des
marques typographiques : l'auteur fait parler l'imaginaire de Marguerite,
puis celui de Ninon, puis un narrateur extérieur intervient. Ces
ruptures sont rapides, se jouent en quelques lignes, d'une manière
cinématographique.
Dans Lundi, Gaspard prend le train, des indices sont décrits
pour montrer l'évolution de ce qui se passe dans la tête
de l'enfant. Avec les jeunes lecteurs à qui ces textes s'adressent,
on pourra orienter les recherches vers ces indices, les aider à
les repérer.
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Activités à
proposer :
- Repérer les moments de l'histoire où le narrateur bascule
dans le mensonge ou l'imaginaire.
- Repérer les "blancs" du texte, et les remplir en atelier
d'écriture.
- Rechercher d'autres romans qui emmènent le lecteur sur des fausses
pistes.
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Les fins plus ou moins négatives ou ambiguës
Les fins d'histoire ne sont jamais vraiment heureuses. Les personnages
font le deuil des fantasmes de l'enfance, dans l'acceptation d'une réalité
plus ou moins difficile ou choisie (Miranda meurt mais elle choisit de
mourir heureuse). C'est la vie, Lili peut apparaître comme
une histoire sans fin, qui pourrait continuer sur le même principe,
en va-et-vient continu. Le dernier chapitre de Je veux voir Marcos,
qui introduit pour finir une narration très courte à la
troisième personne, fait douter du reste du roman. Dans Retour
en Afrique, Valérie Dayre propose des fins différentes
à son histoire. Au lecteur de choisir.
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Activités à
proposer :
- Effectuer des tris en fonction des fins des livres.
- Écrire une fin différente.
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Le style
La variété des registres utilisés
Le style de Valérie Dayre, adapté au genre et au thème
de l'histoire, est toujours maîtrisé, fluide et extrêmement
varié. Il détermine aussi l'âge du public lecteur.
L'écriture de Comme le pas d'un fantôme est très
littéraire, voire lyrique à certains moments. Les références
à la littérature romantique sont évidentes (influence
de George Sand, Alain Fournier), et l'ouvrage peut servir à introduire
à ce genre étudié au collège. On retrouve
les poncifs de cette littérature romantique : les thèmes
de solitude, de mort, de désolation, le décor lugubre et
angoissant, l'âme exaltée du héros… Le personnage
de Gabriel évoque le jeune Werther de Goethe.
Dans Je veux voir Marcos, le style direct, le rythme effréné
du récit, les phrases interrompues, s'adaptent parfaitement au
thème de la télé réalité, avec les
référents culturels en rapport.
Le texte de Miranda s'en va est plus poétique, entre rêve
et réalité : "L'auguste fessier de Miranda n'a
jamais connu si moelleuse et si fraîche assise ! Et avec ses
kilomètres de tulle étalés autour d'elle, la plus
grosse dame du monde ressemble à cet instant à la plus grosse
fleur du monde, au pistil de cheveux bruns, à la corolle dorée
par le levant "… Miranda se libère de son univers par
la mort, échappant ainsi à l'immobilité qui évoque
celle des foetus morts, conservés dans les bocaux. Ce thème
génère une écriture empreinte de poésie. Très
"écrit ", ce texte peut s'adapter à une lecture
à voix haute.
Le style de Sale gamine est humoristique et incisif : le discours
"grognon" de la vieille marginale s'oppose aux piques provocatrices
et drôles de Ninon. Le texte utilise un niveau de langue familier
mais réclame un niveau de compréhension soutenu. Certains
mots font appel à une culture, des références ("pécore",
"greluche", "sainte Nitouche"…).
Les formulations à l'ancienne de L'Ogresse en pleurs montrent
encore la richesse de la palette lexicale ("La rumeur se répandit
que quoi qu'elle voulût aux petits, mieux valait les garder au logis").
Les jeux sur le sens propre et le sens figuré des mots et expressions
sont récurrents ("le gamin était tout simplement…
à croquer ", "Gaspard fait l'andouille", "Miranda
s'en va"…). De même, les jeux de langue sur le sens des
mots sont fréquents : par exemple dans C'est la vie, Lili
avec le mot "laisse" ou encore dans Vendredi, Gaspard dans
la nuit avec le mot "nuit"...
Comme le pas d'un fantôme est également propice à
la mise en place d'activités autour de la stylistique (l'utilisation
du style itératif, des allitérations...).
C'est la vie, Lili propose un style direct de journal intime. Écriture
à la première personne, correspondance et lettres apparaissent
également dans Comme le pas d'un fantôme, Les nouveaux
malheurs de Sophie, Le jour où on a mangé l'écrivain,
Sa dernière blague.
Valérie Dayre possède un talent certain à se projeter
dans l'âme enfantine, à traduire ce qui se passe dans la
tête des enfants, ce qu'ils ressentent, leurs manières de
voir les choses. Mais son style est loin d'être enfantin ;
elle ne joue pas à la petite fille. La fluidité de l'écriture
traduit l'enchaînement des idées, très rapides, qui
glissent d'un mot à un autre, d'un sens à un autre, se croisent,
se répondent. Chaque mot semble être choisi, réfléchi,
pour servir l'effet voulu.
Toutefois, Sa dernière blague nous semble présenter
une analyse trop poussée, une distanciation d'adulte par rapport
au registre enfantin que l'auteure est censée traduire. Il nous
paraîtrait intéressant de connaître l'accueil reçu
par ce roman auprès des jeunes élèves.
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Activités à
proposer :
- Lister les différents styles d'écriture (littéraire,
poétique, journal, lettres…).
- Repérer les exemples de changements de registre lexical (familier,
vulgaire, arrogant, soutenu…)
- Rechercher les jeux de langue (juxtapositions et déclinaisons du
même mot, jeux sur les homonymes…).
- Rechercher des mots ou expressions utilisés au sens propre et au
sens figuré.
- Relever collectivement les mots qui font appel à des références
culturelles ou des formulations à l'ancienne. En rechercher éventuellement
la signification et les correspondances.
- À partir du livre C'est la vie Lili, et du journal de Lili,
après une première lecture dans sa totalité, sans interférence,
rechercher d'autres ouvrages qui proposent des journaux intimes, des correspondances,
des exemples d'écriture de soi. Les comparer avec le journal de Lili
(annonces de l'entrée dans le journal, marques typographiques, dates…).
- Repérer les ruptures et les différents statuts du journal
de Lili au fur et à mesure de la lecture de l'ouvrage.
- Organiser des ateliers d'écriture sur " le mentir vrai ",
écrire un " vrai faux journal ".
- S'inventer une autobiographie imaginaire, écrire une fiche autobiographique
fictive.
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La critique et la peinture sociale
Les ouvrages de Valérie Dayre font souvent référence
à des faits de société et traduisent une sensibilité
certaine aux problèmes du monde. Elle se livre à une peinture
sociale assez sévère et acide, même si le domaine
qui semble l'intéresser le plus est la dimension psychologique
et subjective de l'individu.
Quelques exemples des thèmes abordés dans le domaine de
la peinture sociale :
- Télé réalité et manipulation des
téléspectateurs (Je veux voir Marcos)
- Personnages anarchistes, révoltés, aigris (Sale gamine)
- La prison, la justice (Sale gamine)
- L'égoïsme et l'indifférence (C'est la vie Lili)
- Critique de la bourgeoisie de province (Les nouveaux malheurs de
Sophie), de l'humanitaire (C'est la vie, Lili), de la société
de consommation, des vacances, des plages (C'est la vie Lili)
- Clivage social et amour impossible (Comme le pas d'un fantôme)…
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Activités à
proposer :
- Décrire pour chaque roman l'univers social, l'environnement dans
lequel les personnages évoluent.
- Relever les passages qui correspondent à une critique sociale.
- Rechercher dans la presse ou dans d'autres documents des événements
ou faits divers en rapport avec les thèmes abordés.
- Repérer les personnages qui ont fait des choix de vie particuliers.
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Prolongements
- Le hors série n°3 de la revue L'École des lettres
du 15 /10/ 95 : "Lettres et journaux intimes" propose une
étude de C'est la vie Lili.
- Pour compléter une étude de l'uvre de Valérie
Dayre, il peut être intéressant d'organiser une rencontre,
en la contactant par l'intermédiaire de son éditeur.
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Une rencontre avec
Valérie Dayre a été organisée au CRDP, dans
le cadre d'un stage de formation continue, en mars 2004.
consulter le compte rendu de cette rencontre |
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