CRDP académie de Créteil - Centre ressources littérature de jeunesse

Télémaque

Un album sans texte
La longue route de Vagabonde

 

Ces fiches pédagogiques sont proposées par Annie Genty, conseillère pédagogique en arts visuels dans le Val-de-Marne, en complément d'une animation pédagogique sur la relation texte-image dans l'album.

La longue route de Vagabonde
Sara
Épigones (La langue au chat) - 1991

 

Au sommaire des fiches :

La longue route de Vagabonde. ÉpigonesIntroduction

 Analyse de l’album : aborder la couverture
- L’album et son fonctionnement
- La couverture : un espace codifié
- La couverture : autre approche, la relation texte/image

Réinvestissement dans l'écriture et l'illustration
- Matériaux et techniques : deux composantes plastiques essentielles de l'album
- Le sens des contraintes plastiques
- L'image : ses richesses et ses limites
- "Le chemin de fer" : un outil indispensable

Bibliographie

Introduction   

Choisir un album sans texte pour le Cycle III est un excellent moyen pour approfondir les relations entre le texte absent et les images, car un album sans texte n’est pas un album muet, bien au contraire, c’est un album qui mise sur les forces et les pouvoirs de la seule image, mais qui doit aussi tenir compte de ses limites. Ce type d’ouvrage permet aux élèves de prendre conscience de la démarche de création d’un illustrateur, en amont du produit fini.
C'est ce chemin obligatoire et caché que tout auteur d’album narratif est contraint de suivre.

La structure narrative est d’autant plus prégnante qu’elle devient le garde-fou de l’image.
Elle fonctionne comme une sorte de story board, qui donnera naissance en terme technique à la création d’un “chemin de fer”.
Le ”chemin de fer” met en regard la structuration de l’histoire et le découpage des images. Il apparaît souvent sous la forme d’un tableau préliminaire, comme un guide qui permet de rester dans les rails du projet. À gauche, une phrase résume une partie de l’histoire dont la vignette de droite propose un premier croquis. C’est un excellent outil à réinvestir au niveau pédagogique.
L’album proposé ici, sous son apparente simplicité plastique, technique du collage de papiers, est un support de réflexion intéressant et efficace pour déterminer avec les élèves, en toute connaissance de cause, quel type d’album créer, avec ou sans texte, et/ou à partir du même “chemin de fer”.
Ceci suppose un large espace de parole, structuré au fur et à mesure des activités spécifiques, liées tant au choix narratif qu’aux choix plastiques :
- apprendre à présenter les productions
- analyser les propositions pour choisir, argumenter en fonction de critères plastiques...
- apprendre à écouter les autres et à discuter leur proposition sur des points précis et notamment la cohérence interne de l’histoire, et la cohérence de l’illustration par rapport au texte, par exemple le respect ou le détournement intentionnel de la charte graphique....
Si dans cet album l’espace plastique est privilégié, il n’en reste pas moins vrai que celui de la langue est extrêmement sollicité, tant à l’oral qu’à l’écrit.
Les activités proposées ici tentent de répondre à deux cheminements différents, soit une découverte globale de l’album suivie d’approfondissements spécifiques, soit une approche fragmentée, à dominante plastique, pour affiner une lecture finale de l’album.
retour au sommaire

Analyse de l’album : aborder la couverture   

Au niveau du cycle 3, il est intéressant d’apprendre aux élèves à se saisir du moindre indice de lecture afin de provoquer des associations d’idées, qu’il faudra ensuite faire partager aux autres. Ce jeu a d’abord pour cadre l’espace de la couverture composée de la première de couverture, la quatrième ou dernière et le dos (souvent confondu avec la tranche). Chaque espace a des fonctions précises en terme d’édition, qu’il s’agit de décoder, et un aspect plus subjectif, dont il s’agit de prendre conscience.

Objectifs
- Appréhender l’album en tant qu’objet spécifique. Comprendre son fonctionnement.
- Comprendre l’importance de la couverture .
- Donner sens à un projet : À quelles conditions peut-on envisager la création d’une couverture d’album ?

Fiche n° 1   

L’album et son fonctionnement   

Matériel :
- Une série d’albums (un pour deux) ou quelques photocopies agrandies, couleur ou noir et blanc.
- Papier canson : noir, gris clair, gris foncé, écru, blanc
- Papier journal
- Colle repositionnable en tube, ciseaux

Modalités :
- Travail individuel (5 mn)
- Travail de groupe par 4 (10 mn)
- Échange collectif (10 mn)

Déroulement :
Consigne : feuilleter l’album durant cinq minutes.
La brièveté de l’activité ne permet pas à l’élève de s'appesantir sur une image, mais elle permet à l’enseignant de saisir ce que privilégie l’enfant.
Donner ses impressions personnelles, sous forme écrite ou orale en deux groupes : “j’aime, je n’aime pas“ (voire “je déteste”).

Trier l’ensemble des réponses en deux sous-groupes, selon deux axes : “Je vois” du côté de la dénotation ou “je ressens” du côté de la connotation.
Exemples :
- “Je n’aime pas cet album parce que c’est triste” (Je ressens de la tristesse, connotation)
- “Je n’aime pas cet album parce qu’il n’y a pas beaucoup de couleurs”. (J’aime les couleurs et l’auteur n’en utilise pas suffisamment à mon goût, dénotation)
- “J’aime cet album parce qu’il me fait peur” (connotation)
- “J’aime cet album parce qu’il a beaucoup de noir” (dénotation)
Ce travail a pour objectif de faire comprendre à l’enfant que le même choix plastique peut être interprété différemment, à condition qu’il soit clairement défini, ce qui signifie que l’acte de lire est toujours en fin de compte un acte unique. Il questionne aussi les choix de l’illustratrice qui a en définitive le dernier mot. Cette activité essentielle amène progressivement à une écoute du point de vue de l’autre, et à une réflexion approfondie sur les choix plastiques à mettre en oeuvre dans le cadre d’un projet de création d’album.

Composition de l’album
Du côté de l’objet : repérer les principales composantes plastiques de l’oeuvre : format, matériaux, techniques, couleurs, composition du livre, des pages... 
Le format 22 x 28,5 cm, proche du format A4, confère à ce livre à la couverture rigide un air de familiarité.
En le feuilletant rapidement, ce qui “saute aux yeux”, c’est :
- l’absence de texte
- l’envahissement du fond noir brillant, jusqu’à l’avant dernière page.
- la composition de onze doubles-pages à bord perdu. La pliure devient un élément plastique et sémantique qui permet à l’auteur de jouer, avec l’espace et le temps de l’histoire et de la page, et avec le lecteur. En effet la pliure dilate l’espace de la page qui happe le lecteur dans le vide d’un gouffre noir et focalise son regard sur les figures identifiables des voitures, toujours présentées en bas de page, mais sous différents cadrages.
La composition de la dernière double-page en triptyque fait rupture. Comme fait rupture la page finale qui reprend les matériaux de la double-page précédente.

Matériaux et techniques
Ils sont ici indissolublement liés. Papiers déchirés ou découpés et collages participent de l’unité de l’album. Ils font sens par rapport au récit.
Ce point sera particulièrement développé dans la fiche n°4.

La gamme chromatique
Elle témoigne d’une grande sobriété et résulte de l’utilisation des matériaux bruts : Papier canson gris clair, gris foncé, blanc, écru, marron, papier noir glacé, papier journal...
En conclusion, cet album répond à des choix minimalistes au niveau plastique, qui loin de l’appauvrir, laisse une grande place à l’imaginaire du "regardeur".
retour au sommaire

Fiche n°2   

La couverture : un espace codifié   

Objectif :
- Apprendre à mettre en relation les conclusions de la lecture rapide de l’oeuvre et la lecture de la couverture dans son intégralité.
- Appréhender quelques codes de l’édition.

C’est par la couverture que se fait la première rencontre avec l’oeuvre. Espace des contacts sensoriels, épidermiques, c’est aussi le lieu des premières interrogations, des indices, des hypothèses à vérifier après une lecture approfondie. C’est peut-être aussi celui des fausses pistes vers lesquelles l’auteur attirerait le lecteur trop pressé...
La couverture est, avec la page de titre, noire, qui la suit immédiatement, et la page des mentions légales, blanche, qui clôture l’ouvrage, le seul espace portant de l’écrit.
Une première activité viserait une simple lecture de la couverture, au niveau textuel, au niveau graphique.

Lecture des textes
La longue route de Vagabonde. Épigones. 1ère et 4ème de couvertureLister toutes les informations qui découlent de la lecture de la couverture.
- Première de couverture : de haut en bas, le nom de l’auteur, le titre, la collection, l’éditeur.
Comparer avec d’autres album. S'interroger sur les fonctions de la couverture.
- Quatrième de couverture : de haut en bas, le titre, un texte qui semble résumer l’histoire, la collection, l’éditeur, un texte un peu mystérieux concernant la collection.
Comparer avec d’autres albums.
Contrairement à l’organisation de la première de couverture, celle de la quatrième ne semble pas codifiée.

On fera observer le dos sur lequel se retrouvent de haut en bas le nom de l’auteur, le titre, et l’éditeur. Sans être à proprement parlé un code d’édition, ce schéma est le plus répandu.
Les informations contenues dans le résumé suffisent-elles pour que le lecteur devine la nature de Vagabonde ? Le prénom évocateur de voyages, de comportements aventuriers, les circonstances de sa naissance, l’accident... évoquent un destin douloureux, mais surmonté par l’héroïne qui “décide” de continuer comme si elle échappait à sa créatrice.
L’adjectif “déchirée” joue sur deux registres :
- le sens propre, avecle déchirage de la petite voiture en papier journal présentée en bas, comme posée sur le cote-barre ;
- le sens figuré, qui, dans un langage au registre familier, pourrait signifier “cassée”, “épuisée”.
Pour autant, Vagabonde a-telle à voir avec cette petite voiture, ou avec celle de la première de couverture, elle aussi déchirée par l'illustratrice, voiture en mouvement, tournant le dos au "regardeur". À qui appartient ce chapeau noir façon Borsalino ?
Ce texte qui ne contient aucune information quant au dénouement de l’histoire, joue sur le trouble du lecteur et maintient ainsi le suspense.

La collection et l'éditeur :
Le nom de la collection et celui choisi par l’éditeur sont autant d’indices concernant le genre abordé : le roman noir.
La langue au chat :
Donner sa ”langue au chat” , c’est bien attendre une réponse à une question généralement posée sous la forme d’une devinette, une invite à aller chercher les réponses dans l’album.
Epigones :
Ce nom propre connote une atmosphère tragique. Il fait référence à un épisode mythologique de la ville de Thèbes. C’est le nom donné aux fils des Sept Chefs qui périrent devant cette ville.
retour au sommaire

Fiches n° 3   

La couverture : autre approche, la relation texte/image   

Objectif :
- Comprendre la relation texte/ image dans l’espace de couverture.

Cette activité propose une approche différente du livre. Elle suppose en amont une observation du livre couverture cachée.
Elle vise deux axes différents : l’un orienté vers des pratiques d’écriture, l’autre orienté vers des pratiques plastiques.
Ces activités tentent de proposer une certaine différenciation du travail en fonction des niveaux de la classe.

Lecture, analyse   

Etre capable de repérer les codes mis en jeu sur la couverture

Matériel :
- Une feuille de canson noir au format de la couverture (44 x 29 cm)
- Une feuille blanche même format
- De la colle repositionnable
- Un double décimètre
- Une feuille de calque 22x29 cm
- Une photocopie noir et blanc de la couverture ouverte format A3
- Une enveloppe contenant tous les éléments de la couverture
- 3 éléments pour la 1ère de couverture : le rectangle sur fond blanc, le rectangle de titre, le rectangle contenant les noms de la collection et de l’éditeur
- 3 éléments pour le dos du livre
- 5 éléments pour la 4ème de couverture : le rectangle sur fond blanc, le rectangle contenant les noms de la collection et de l’édition, le rectangle de texte, la petite voiture découpée, le rectangle du code-barre.

Déroulement :
Travail individuel suivi d’une confrontation collective.
Après avoir distribué le canson noir et l’enveloppe contenant tous les éléments de la couverture, demander aux enfants de reconstituer la couverture du livre qu’ils ont feuilleté.
Confronter les propositions entre elles.

Approfondir le travail de composition de la couverture

À partir de la photocopie de la 1ère de couverture, retrouver la composition de la page.
Amener les élèves à visualiser l’organisation spatiale de cette page sans les textes.
Consigne : sur la feuille blanche, tracer les différents cadres qui contiennent les éléments déjà mentionnés, en s’aidant du papier calque et de la règle.
Les deux pages sont composées de la même façon : une bande verticale de 6 cm de large placée à 5 cm du bord gauche de la première, une autre identique située à égale distance de la pliure du dos.
Comparer par glissement du calque les deux pages. Quelles conclusions en tirer ? La couverture est composée selon un quadrillage géométrique, une grille invisible au lecteur pour faciliter la lecture, accrocher le regard, créer des tensions...
Confirmer ou infirmer cette affirmation en étudiant la composition d’autres couvertures.
Comparer à sa propre proposition.
retour au sommaire

Réinvestissement dans l'écriture et l'illustration   

Les deux propositions suivantes supposent, comme précédemment que l’album a été feuilleté, la couverture cachée, et que les conclusions des recherches sur la couverture soient mises à la disposition de la classe.
Les deux activités peuvent être menées en parallèle dans le cadre d’un travail de groupe.

Vers des activités d’écriture

Matériel :
- une photocopie muette de la couverture. On indiquera à part, le nom de l’auteur, la collection et l’éditeur et la fonction des différents espaces à compléter.

Déroulement
Travail individuel (20 mn) :
- Compléter les textes manquants. Il est possible de revenir au livre, si nécessaire.
- Coller les textes en respectant les espaces réservés. L’utilisation de l’outil informatique peut être intéressant.
- Afficher les propositions après corrections.
- Comparer en fonction de deux critères, la cohérence avec l’oeuvre et la lisibilité de la proposition.

Vers des activités d’illustration

Matériel :
- une photocopie de la couverture sans les illustrations, avec ou sans code-barre.
- des rectangles de différents papiers aux formats variés dont 6x12 cm et 5x6 cm

Déroulement :
Travail individuel (20 mn)
À partir des informations contenues sur cette couverture, imaginer les illustrations manquantes.
Compléter la couverture.
Afficher et comparer selon les mêmes critères que précédemment.

Dans tous les cas, comparer avec la proposition de l’artiste non pas considérée comme modèle mais comme une réponse possible parmi d’autres.

Le sens du projet

Ces activités ont pour objectif d’amener les élèves à prendre conscience que la réalisation de la couverture intervient en dernier.
- De quoi a t-on absolument besoin ?
- Comment choisir le titre ? À quel moment ?
- Quelle typographie ? Pour quels textes ?
- Quelles illustrations ? Quelles techniques privilégier, et pourquoi ?
Toutes ces questions et d’autres encore participent d’une démarche de création d’album bien comprise.

Matériaux et techniques :

Deux composantes plastiques essentielles de l’album  

L’une des forces de l’album réside dans la technique mise en oeuvre par l’artiste. Elle contribue à l’unité et à l'atmosphère générale de l’oeuvre. Les matériaux déterminent des choix techniques et inversement les choix techniques impliquent certains matériaux.
Ces choix participent, eux, du projet plus large de l’artiste et de son style alors reconnaissable. Ainsi Sara travaille les papiers déchirés, découpés, et collés.
Le collage suppose d’une part, le choix de l’élément à coller, d’autre part un mode de prélèvement. Comment l’illustratrice procède t-elle ?
Elle trace légèrement le dessin des figures : le banc, la voiture, le personnage au chapeau, puis elle prélève la forme selon différentes techniques. Soit par un découpage précis aux ciseaux, en suivant au plus près le trait, comme pour la petite voiture ou les pieds du banc de la première double page, soit par un déchirage maîtrisé de la figure, ce qui confère aux objets ainsi traités une inquiétante rugosité agressive. Le choix du papier journal découpé pour Vagabonde contraste avec le déchirage des autres papiers plus nobles, autre moyen de souligner, aux yeux du "regardeur", l’isolement du personnage.
La technique du collage est un choix judicieux à plus d’un titre.
C’est un merveilleux outil, tant plastique que pédagogique, au service de la composition de la page. L’utilisation de la colle repositionnable permet tous les essais jusqu’au choix définitif.
Dans la perspective de création d’un album collectif, cette technique est particulièrement intéressante. Elle permet en effet de composer individuellement ou par deux, de choisir, essayer, déplacer, inclure, exclure... des éléments, en un mot de se donner le temps des choix réfléchis.
Cette technique donne un sens positif à la déconstruction, à la destructuration de la proposition initiale de l’élève qui comprend que l’étape suivante sera la reconstruction d’une nouvelle image, d’une nouvelle page à partir d’éléments émanant des productions de différents élèves. L’utilisation de la photocopie permet soit de garder la trace du processus de création initiale, soit de prélever les fragments choisis sans avoir besoin de le refaire.

Il serait souhaitable de proposer aux enfants d’autres albums reprenant cette technique, selon des modalités différentes.

Quelques exemples :

titre auteur-illustrateur éditeur date
Comme chaque matin Christian Voltz Rouergue 1998
Schproutz Olivier Douzou / Candice Hayat Rouergue 2000
Cuisine de sorcière J. W. Von Geothe / Wolf Erlbruch La joie de lire 1998
Les gnomes de Gnou Umberto Ecco / Eugenio Carmi Grasset jeunesse 1989
La bombe du général Umberto Ecco / Eugenio Carmi Grasset jeunesse 1993
Rue des deux maisons Elisabeth Brami Seuil jeunesse 2001
Monsieur Buvard Bruno Heitz Mango (Les petits Papiers) 1998
7 souris dans le noir Ed Young Milan 2001

Appliqué ici à l’illustration, le collage est initialement l’art du XX ème Siècle. Il sera bon de croiser d’autres espaces et de présenter aux élèves des oeuvres d’art des maîtres du collage, comme Max Ernst, Kurt Schwitters, Picasso ou Matisse, par exemple.

Fiche n° 4   

Le sens des contraintes plastiques   

Objectifs :
- Réinvestir les contraintes plastiques de l’album, pour créer une suite :
album sans texte
utilisation des matériaux repérés préalablement
respect des couleurs
format des pages
techniques : dessin, découpage, déchirage, collage.
- Mettre en oeuvre un travail d’équipe

Consigne :
L’histoire de Vagabonde n’est peut-être pas finie...
Imaginer la suite en quelques lignes. Créer la page de droite et la double page suivante en respectant matériaux, techniques et format de l’album. Il sera possible, si cela est nécessaire d’introduire de nouveaux éléments (lieu, personnage, objet... )

Matériel :
Papiers de toutes sortes et canson de toutes les couleurs
Colle repositionnable, ciseaux
Crayon de papier (éviter les gommes)

Déroulement :
Phase 1 :
Travail par groupe de 3 ou 4 élèves (10 mn)
Écrire un texte limité à 5 phrases, soit sous une forme rédigée, soit sous forme ébauchée, (en utilisant des phrases nominales, par exemple).

Phase 2 :
Travail individuel au sein du groupe (15 mn)
Réaliser quelques croquis illustrant deux moments de la nouvelle histoire.
Confronter les productions pour choisir les éléments constitutifs de la version finale.

Phase 3 :
Travail d’équipe (20 mn)
S’organiser au sein du groupe pour réaliser la page et la double-page demandées.
L’enseignant veillera à la mise en oeuvre correcte de l’activité, impliquant une bonne répartition des tâches.

Phase 4 :
Phase collective (25 mn)
Afficher les productions par groupe
Laisser un temps de découverte individuelle ou par petits groupes au cours duquel les élèves noteront, si besoin est, deux questions à poser aux auteurs.
Travail d’équipe (5 mn)
Montrer les réalisations en insistant sur le processus de production et la démarche adoptée en phase 3. Répondre aux questions.
L’objectif ici n’est pas essentiellement de retrouver l’histoire à travers l’illustration proposée, mais de saisir la richesse des productions qui, soumises à des contraintes fortes, s'affichent dans leurs différences.
Dans le cas d’une découverte progressive de l’album, le travail précédent peut être envisagé à partir de l’analyse de la double page n°6 particulièrement intéressante par son caractère minimaliste.
L’image qui ne contient que ce seul petit objet perdu dans cet abîme de noir rend compte de l’abandon, de la solitude du personnage.
La position de Vagabonde dans la page par rapport à la pliure témoigne soit du déplacement du "regardeur", qui pourrait bien être confondu avec l’oeil de la caméra, soit du déplacement de la voiture.

Fiche n° 5   

L’image : ses richesses et ses limites   

Objectifs :
- Prendre conscience de la polysémie des images et par voie de conséquence de la fonction d’ancrage de l’écrit par rapport à l’image
- Ecouter l’autre

Matériel :
- 6 premières photocopies noir et blanc format A3 affichées en désordre au tableau
- 6 photocopies identiques en A5 par groupe de deux

Déroulement :
Cette entrée suppose l’introduction de quelques variantes dans la présentation de l’ouvrage.
Elle correspond à un premier contact avec l’oeuvre. On présentera l’objet livre fermé, couverture et page de titre cachées.La phase de recherche peut être longue car de multiples possibilités s’offrent aux enfants en fonction de l’ordre adopté. Il est donc nécessaire de formuler une contrainte impérative de temps.

Phase 1 :
Travail par deux (15 mn)
Consigne :
Imaginer le début d’une histoire à partir des six premières images. On découvrira l'album ultérieurement. Le texte ne dépassera pas six ou sept lignes.

Phase 2 :
Placer au tableau les images dans l’ordre de son histoire et lire le texte proposé.
Pour ne pas alourdir cette phase, l’enseignant aura préalablement effectué des choix pertinents en fonction par exemple, du respect ou de la transgression de la consigne, de la cohérence ou de l’incohérence des propositions, du choix d’une même organisation séquentielle donnant naissance à des histoires différentes...
Une fois corrigés, tous les textes seront traités typographiquement et insérés dans l’espace des photocopies proposées au début du travail.
Ils constitueront ainsi le début d’un album avec texte, le point de départ de nombreuses activités déjà proposées :
- Imaginer la suite écrite.
- Illustrer la suite.
- Chercher un titre
- Créer la couverture....

Que conclure de cet exercice ?
L’ordre des images et la structure narrative sont interdépendantes. Elles résultent du choix de l’auteur, mais elles obéissent à une cohérence interne à l’oeuvre et à une sorte de pacte fictionnel entre l’auteur et le lecteur.
Comment retrouver l’ordre des images de l’album ? De quelles informations aurait-on besoin ? Où les retrouver ?
Il convient de rappeler les fonctions de la couverture.

Phase 3 :
Dévoiler la couverture (cf. fiches 2 et 3)
Lire le résumé de l’histoire afin de retrouver l’ordre des images.
Relever la phrase qui correspond à la première image, et celle qui correspond à la dernière image.
Peut-on maintenant organiser les quatre images restantes ?
Travail par deux (5 mn)
Le choix de la chronologie des images s'effectuera en fonction de la narration envisagée, ceci dans un aller retour entre l'image et le texte.
Ce travail a aussi pour objet d’amener les élèves à comprendre le rôle du “chemin de fer” dans la réalisation de l’album.

Fiche n° 6   

“Le chemin de fer” : un outil indispensable

Le “chemin de fer “ ou story board, est un passage obligé dans la démarche professionnelle de création d’album en général. Mais c’est aussi un outil pédagogique particulièrement intéressant à mettre en oeuvre dans le cadre d’une création collective.
L’objectif n’est pas ici d’écrire une histoire mais de découvrir un outil qui aide à structurer, par la mise e place de séquences, à la fois le texte, surtout quand il est absent, et l’image.
Le story board, en tant qu’outil pédagogique, permet de diversifier les activités. Chaque équipe est chargée de l’illustration d’un moment précis de l’histoire, à réaliser à partir de la proposition initiale discutée et ébauchée sous forme de croquis.
L’unité de la production résulte, d’une part, du respect des contraintes plastiques déterminées en commun, et d’autre part, d’une démarche d’information régulière des équipes à l’ensemble du groupe classe, afin qu'ils portent un regard critique sur les propositions intermédiaires.
La réalisation de la maquette est une autre étape importante avant la finalisation du projet.

“Le chemin de fer” permet d’aborder dès le départ quelques contraintes du monde de l’édition, en particulier le coût de l’édition, dans le cas où chaque élève recevrait un album.
Comment réduire ce coût ? Penser au travail en noir, gris et blanc qui permet d’utiliser la photocopieuse de l’école et qui oblige à un travail graphique riche.
Penser au format : la photocopie couleur d’un format A5 est beaucoup plus économique que celle du format A4. Il n’est pas nécessaire de travailler sur un petit format, car il est toujours possible de réduire la production originale.
Penser au nombre de pages qui va conditionner la composition de l’album (nombre de doubles pages, nombre de pages simples, page de garde ou non... )
Toutes ces contraintes participent d’une démarche de création d’album et il serait bien regrettable pour la validité du projet que les enfants n’y soient pas confrontés.

Première proposition   

Retrouver avec l’aide du résumé de l’histoire le story board correspondant aux six premières images.

Matériel :
- Les 6 photocopies précédentes et le résumé de texte.
- Papier blanc et crayon de papier pour les croquis
- Papier machine pour le texte

Déroulement :
Travail individuel (20 mn)
Ne pas oublier les deux entrées : le texte et l’illustration
Accrochage des propositions et discussion si nécessaire.

Deuxième proposition   

Imaginer la fin du story board.

Matériel :
- Les 6 photocopies pour mémoire
- Le résumé du texte jusqu’à : “C’est l’accident et Vagabonde est déchirée.”
- Mêmes supports et outils scripteurs que pour la première proposition

Déroulement :
Travail par groupe de trois élèves (20 mn)
On pourra informer les élèves du positionnement médian de l’image n° 6 dans l’album. Ce qui par déduction supposerait qu’il reste six propositions à présenter, ou bien laisser libre cours à leur imagination, dans le cadre du temps imparti à l’exercice.
Présentation des propositions par groupe : l’échange ne portera pas sur la qualité plastique du croquis, mais sur sa lisibilité et la cohérence des événements.

Troisième proposition   

Créer une suite à l'histoire de Vagabonde.
Proposer une première mouture du story board de l'album de suite.

Objectif :
Comprendre les marqueurs de temps dans l'image.

Matériel :
- Mettre à disposition La longue route de Vagabonde
- Papier blanc et crayon de papier

Déroulement :
Phase 1 :
Travail par groupe de trois ou quatre élèves (40 mn).
Avant de lancer l'activité, rappeler les événements précédents, la psychologie des personnages connus...
Sur le plan plastique, faire des choix quant au traitement des lieux, des personnages, de la composition des pages...

Phase 2 :
Collecter l'ensemble des propositions, afin de déterminer les choix les plus intéressants à mettre en oeuvre dans un nouveau story board collectif.

Cette activité permet de lancer les enfants dans la création d'un nouvel album dans le respect des contraintes plastiques et narratives du premier (cf. fiche n°4).
retour au sommaire

En complément, une petite bibliographie d'albums narratifs sans texte :
Bibliographie d'albums sans textes

Compte rendu rédigé et mis en ligne par Chantal Bouguennec le 25/10/2005

retour à la présentation

© Académie de Créteil/CRDP/Télémaque - 25/10/05 contact
ANIMATIONS Accueil Télémaque Accueil CRDP accueil du site académique