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retour au calendrier Intervention d'Olivier Noack
conteur de la Maison du Conte

Mercredi 13 février 2002

Conter et faire conter

 

Olivier Noack travaille à la Maison du conte et s'occupe en particulier de la formation au métier de conteur.

Présentation
Un conte
La part de l'oral et celle de l'écrit
Le travail de transmission
Ressources

Présentation

"Je m'appelle Olivier Noack, je suis conteur, je viens d'Alsace et je suis un peu perdu ici car je n'ai aucune montagne pour me repérer. Ici, dans cette région parisienne, c'est un tissu un peu inextricable où il est difficile de se repérer.
Je ne sais pas où je suis ! Je ne sais pas d'où je viens et je n'ai qu'une très vague idée de là où je vais aller, ce qui est toujours une très bonne situation pour errer dans le domaine des contes, où on n'est pas toujours dans la lumière mais plutôt assez souvent dans un brouillard où il est agréable de se perdre.
Quand on des enfants sous sa responsabilité, il est bien quelquefois de les perdre un peu, de ne pas leur assurer que des garde-fous et de les laisser partir à l'aventure.
D'ailleurs, en venant ici, j'étais tarabusté par l'éternelle question de savoir d'où viennent les contes. C'est une des dernières grandes énigmes de l'univers : on ne sait absolument pas d'où viennent les contes. On peut parler de Perrault, des frères Grimm ou d'autres, mais si on part véritablement à la recherche des contes, on trouve toujours une version antérieure, parfois proche, parfois très éloignée, mais c'est tout de même la même histoire. Plus ancienne ou plus récente, elle n'a pas du tout la même provenance géographique, d'où la perplexité qui saisit souvent le conteur.
En venant ici, j'ai rencontré une conteuse qui venait du Liban, Praline Gay-Para. Je lui ai fait part de mes recherches sur l'origine des contes et elle m'a raconté une histoire en me disant "celle-là, c'est peut-être la seule, mais on sait d'où elle vient".

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Voici cette histoire :

C'est l'histoire d'un gars, qui était pauvre ; c'était l'hiver, il n'avait plus rien à manger, il était tout seul dans sa maison, mais il était chasseur. Alors il s'est dit, je vais aller chasser. Il a pris son fusil, il a farfouillé dans sa boîte de cartouches, mais il n'avait plus qu'une seule cartouche. Il est parti, le fusil en bandoulière puis il a marché, il a marché dans la plaine, puis dans la neige, puis dans la glace… Rien. Pourtant il sentait que… c'était une bonne journée. Il sentait que c'était son jour de chance, donc il s'est dit "je vais continuer, il faut être obstiné". Il est arrivé dans la forêt. Dans la forêt, il s'est dit 'c'est mon jour de chance, je vais trouver mon déjeuner". Puis il a marché, il a marché mais la forêt c'était comme la plaine, c'était froid, glacé, silencieux… Rien.
Mais il s'est dit "je sens que c'est mon jour de chance, je vais continuer". Il est sorti de la forêt, il a marché, pas très longtemps, puis tout à coup, il s'est arrêté et il a vu… C'était son jour de chance : il y avait un vol de canards, douze canards qui passaient dans le ciel. Les conteurs ne sont pas là pour vous dire la vérité, mais notre chasseur a pris son fusil, une seule cartouche, il a visé, il a tiré et les douze canards, vlan !…morts. Il les a attachés à sa ceinture, il a fait demi-tour, il a traversé la forêt, il est arrivé dans la plaine, il a marché, puis au loin, il voyait sa maison.
Mais c'est une histoire, comme vous l'avez compris et à un moment les douze canards morts se sont regardés, en ont eu assez et se sont dit "qu'est-ce qu'on attend pour filer ?" Il se sont mis à battre des ailes et se sont envolés, en oubliant complètement de se détacher de la ceinture du chasseur qui les avait attachés à sa taille. Et le chasseur s'est envolé avec les douze canards. Ceux-ci, un peu facétieux, sont partis. Ils ont survolé la plaine, le chasseur a vu s'éloigner sa maison, ils ont survolé la forêt, ont franchi des montagnes, des mers, des océans, des plaines, puis sont allés très loin quelque part vers le bout du monde et puis il ont déposé notre chasseur au sommet d'une tour.
On ne sait pas comment on fait les canards, mais ils se sont détachés, ils ont filé, cherché une autre histoire dans laquelle ils ne se faisaient pas tuer. Ils ont laissé le chasseur au sommet de la tour. Il l'a regardée, il a vu que c'était une construction moderne parce que l'architecte avait complètement oublié de mettre un escalier. Il s'est penché et il a vu un village, très, très bas. Il discernait les maisons comme un jeu de cubes et les villageois qui s'affairaient comme une colonie de fourmis. Le chasseur s'est mis à crier en se disant "pourvu que ce ne soit pas un village de sourds !" Et c'était vraiment son jour de chance, parce que dans le village, il y en avait au moins un, peut-être plus, mais au moins un qui n'était pas sourd, qui a levé le nez, qui a vu le chasseur tout là-haut, presque perdu dans les nuages au sommet de la tour. Il lui a dit "Tu ne fais pas l'imbécile, tu ne sautes pas, on va te donner un coup de main, attends-nous". Il a réuni tous les gars du village en disant" il y a un gars en perdition au sommet de la tour, on va prendre tous les draps, on va les coudre ensemble, on va faire une grande toile, on va mettre un peu de coton dessus pour que la chute ne soit pas trop dure, on va tous tenir la toile, et le réceptionner quand il sautera."
C'est ce qu'ils ont fait. La toile était cousue, le coton par-dessus. Les villageois se sont mis à tendre, à tendre, à tendre… et puis le gars pouvait y aller, et le chasseur… il a sauté. Il est arrivé au centre de la toile. Celle-ci était tellement tendue que pffuit ! il est reparti en l'air et il est redescendu et il est reparti en l'air, et il est redescendu… L'histoire a progressé puisqu'il montait toujours un petit peu moins haut que l'endroit d'où il venait. Ce qui fait qu'à un moment, il est arrivé au centre de la toile, mais cela avait duré et les villageois qui tenaient la toile commençaient à en avoir assez. Pourtant, ils n'ont pas lâché, mais ils ont tous été emportés par la masse du chasseur et se sont retrouvés au centre de la toile et je ne sais pas si c'était vraiment son jour de chance, c'est vrai que ce n'était pas un village de sourds… mais c'était un village de chauves… et les crânes se sont rencontrés au milieu. Et cela a fait une étincelle. Et l'étincelle a mis le feu au coton sur la toile, et le coton a mis le feu à la toile, la toile a mis le feu au village, le village a mis le feu à la tour, la tour a mis le feu à tout le pays, et le pays a mis le feu à plus grand que lui, et il n'est plus rien resté du tout…

C'est ce que m'a dit Praline. Mais elle m'a dit quand même, "si, il est resté quelque chose : il est resté l'histoire." Et voilà comment on est maintenant plusieurs à savoir d'où vient cette histoire. Ce qui est un grand pas en avant dans l'étude scientifique des contes…

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La part de l'oral et celle de l'écrit

Après cette présentation et cette histoire, Olivier Noack propose un tour de table des personnes présentes afin d'avoir une idée de la façon dont chacun utilise les histoires, les contes, dans sa classe et le rapport de chacun avec cet univers.
A la suite de ce tour de table et après la présentation des expériences de chacun, il apparaît que pour beaucoup d'enseignants, le conte est d'abord un texte. On peut donc se poser la question de la part de l'oral dans un travail sur le conte. Peut-on conter et faire conter les enfants sans l'aide d'aucun texte ?

C'est à partir de cette question qu'Olivier Noack se propose d'orienter son intervention.

"Ce n'est pas par hasard que j'ai choisi l'histoire du chasseur et des douze canards. Tout d'abord parce que c'est une histoire un peu étrange, qui se mord la queue, puisqu'elle explique son origine, comme un jeu de langage, qui dit "l'histoire de l'histoire, c'est l'histoire". C'est une histoire que j'ai entendue une fois, que j'ai mise dans mon sac. Je ne sais pas si elle est écrite, si Praline l'a inventée, entendue, lue. Cela ne m'intéresse pas de savoir d'où elle vient. Elle vient de la nuit des temps et c'est très bien.
Il y a des éléments théoriques, presque historiques qui situent ce rapport oral/écrit, qui est une question centrale. Nous sommes sûrs d'une chose, c'est que nous avons raconté des histoires avant d'écrire. On peut en conclure que l'écrit est inutile pour raconter des histoires. Il y a eu et il y a encore des civilisations qui racontent des mythologies très complexes, très sophistiquées, en se passant totalement de l'écriture.
D'autre part, on peut dire que l'écrit et l'oral sont deux choses totalement différentes. L'oral est basé sur l'oreille, c'est un art du son, alors que l'écrit est basé sur l'œil, c'est un art de l'image. A tel point que les premières écritures étaient des images (hiéroglyphes, pictogrammes…). Puis les hommes se sont dit que s'ils pouvaient faire l'inventaire de ce qui est dit, associer l'image au son, cela pourrait être intéressant. D'où l'invention des syllabaires, puis des alphabets.
Dans l'histoire des contes, nous savons que les histoires ont été racontées, que d'une manière générale le conte est un art d'analphabètes. D'ailleurs au XIXème siècle, dans les campagnes bretonnes, berrichonnes, alsaciennes, provençales ou autres, les conteurs ne savaient ni lire écrire. Ils étaient souvent marginaux, colporteurs, mendiants. Certains se livraient à un travail de collectage : il écoutait puis transcrivait la mémoire de ce qu'il avait entendu. Plus tard (années 50-60), dans certaines régions de France ou encore en Afrique, le magnétophone a servi à enregistrer la parole qui ensuite était retranscrite.
Écrire un conte, c'est convertir du son en image. Et alors, forcément, il manque quelque chose. Il manque la présence corporelle du conteur, ses gestes, la façon dont il dit les mots, le rythme de sa narration, le côté musical de la parole (la rythmique et les hauteurs de notes), les silences, les clins d'œil au public, le jeu autour de la parole… Il reste donc fort peu de chose. A savoir la relation d'événement : passage de l'état initial à l'état final. La question du conteur est : "Que s'est-il passé ?" Ce n'est pas plus compliqué que cela et ne nécessite pas d'écriture.
Pour travailler avec des enfants, il est tout d'abord nécessaire de leur faire comprendre qu'on n'écrit pas comme on parle. Parler comme on écrit, savoir dire des textes, c'est le métier du comédien et c'est difficile. Il y a d'autres manières de raconter des histoires.
A quoi sert donc l'écrit ?
On peut dire qu'il sert à éviter de perdre les histoires. Au XIXème siècle, des érudits se sont dits que le génie populaire, l'âme des peuples se trouvaient dans les histoires et les chansons. On a alors forgé le concept de littérature orale, littérature non écrite mais considérée comme une œuvre. Ce fut l'époque des premiers grands collectages de contes. Le plus célèbre est l'œuvre des frères Grimm, philologues allemands qui ont retranscrit et réécrit environ 210 contes en les unifiant au niveau de l'écriture.
On se trouve devant deux possibilités. La première, très pertinente, est de lire tout simplement. La difficulté est de trouver un texte bien écrit, ce qui n'est pas toujours évident en littérature de jeunesse. Certains contes, tels les contes bretons en réédition actuellement, ne sont pas possibles à lire. De même pour les contes du XIXème siècle qui sont écrits dans une langue qui n'est plus la nôtre.
Les meilleurs auteurs de littérature jeunesse ne s'intéressent pas forcément au conte. Certains, par exemple Claude Ponti, s'en inspirent fortement, mais n'écrivent pas de contes.
La deuxième possibilité est de raconter. Or, raconter n'est pas lire. Le travail du conteur est d'aller voir de plus près certains événements que tout le monde a vécus. Nous avons tous une capacité d'imaginaire qui permet à chacun de se fabriquer des images et de s'y inclure, d'habiter un espace virtuel mental et de ressentir des émotions. Le travail du conteur est d'aller vivre ces émotions et de s'immerger dans ces images.
Dans un conte, il y a un espace, une géographie du conte, plus ou moins complexe. A partir de cet espace, de ce lieu que l'on connaît, il s'agit de se faire mentalement des images et d'habiter dans cet espace. Il peut alors s'y créer mille et une histoires. Les histoires peuvent se transposer d'un lieu à l'autre, d'un pays à l'autre, d'une culture à l'autre.
Les enfants n'ont pas de difficultés à créer un espace et à s'y sentir chez eux pour démarrer une histoire. Il faut leur faire préciser au départ les détails de la carte géographique créée.
Ensuite, on intègre les personnages.

Dans les contes traditionnels, il y a relativement peu de personnages. Le héros est celui dont on raconte l'histoire, à qui il arrive des aventures. S'ajoutent ensuite d'autres personnages qui posent des problèmes au héros (la sorcière, le monstre…) et cherchent à le détourner de son objectif. Dans un conte, il y a un contrat qui sera rempli ou non. On fait inventer les détails vestimentaires ou physiques des personnages aux enfants, en s'appuyant sur ce qu'ils connaissent d'images, de rêves, de cauchemars, pour que ces personnages aient une vérité.
Ensuite, on installe les événements qui, dans les contes traditionnels, ont une logique imparable, contrairement à la fantaisie. Tout est justifié, même si les conventions sont d'un autre ordre puis qu'on est dans un univers fictif qui possède ses propres règles. Un texte de conte, c'est une trace d'événements qui se sont déroulés réellement dans un espace fictif. Lorsqu'on est convaincu de cela, les choses se clarifient.

Il est vrai qu'actuellement, c'est dans les livres que l'on trouve les contes. Ces textes sont des traces qui méritent un regard particulier. Un conte a toujours plusieurs versions, avec une structure similaire. Pour prendre l'exemple du conte " le loup et les sept chevreaux ", la chevrette laisse ses chevreaux pour des raisons différentes suivant les versions, en leur donnant un signe de reconnaissance. La suite de l'histoire peut amener l'arrivée d'un renard ou d'un loup, qui peut dévorer les chevreaux ou non, il peut se faire ébouillanter ou pas… Mais dans chaque version, à la fin, maman chèvre retrouve ses chevreaux et tout va bien.
Le conte est un peu comme un jeu de cubes avec des motifs qui se déclinent et se combinent différemment.
Au départ, il y a une trame, des faits objectifs, avec des zones d'ombres. Le style de l'écriture ne concerne pas le conteur. Son travail est d'évoquer ce qui s'est passé avec sa propre langue, sa manière à lui de parler. "

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Le travail de transmission

Pour illustrer ce travail fait par le conteur, Olivier Noack propose aux participants un jeu : il distribue des extraits de contes à la moitié du groupe. Après avoir lu le texte reçu, chacun le raconte individuellement à une personne de l'autre groupe, en se l'appropriant et en le transposant comme si l'aventure lui était arrivée personnellement. Chaque histoire sera ensuite rapportée telle qu'elle aura été entendue.

" Ce jeu permet de se rendre compte de l'aspect logique du récit, intéressant à travailler avec des enfants lorsqu'on souhaite leur faire inventer des histoires : il y a une pensée qui doit être dite, des causes produisent des effets. Par le fait de dire " je ", on se met dans la situation et on vit l'aventure dans un espace familier. Le filtre de la transmission est un bon moyen de faire préciser les choses et de retrouver la démarche du conteur qui lit le texte, prend conscience des émotions du héros en se mettant à sa place et relate l'histoire dont il a retenu l'essentiel. En effet, contrairement à l'écrit, la mémoire orale est sélective et permet d'épurer l'histoire.
L'oralité du conte, par sa rigueur, est très formatrice pour la structuration de l'esprit. Lorsqu'un récit est structuré à l'oral, cette rigueur rejaillit sur l'écrit. L'écriture est une autre étape. Il faut d'abord savoir raconter son histoire avant de pouvoir l'écrire.
Une autre possibilité d'approche est de reprendre des contes traditionnels en les racontant ou en les résumant aux enfants et leur demander de la raconter à leur tour à leur manière. Cette méthode de transmission permet de prendre des distances avec l'écrit et de se forger des images qui aident à exprimer ce qu'on a ressenti en écoutant.
Les enfants qui écoutent un conte s'identifient aux personnages, sont agressés par les épreuves qu'ils vivent. Le conteur est là pour ramener, à la fin de l'histoire, ses petits héros à bon port. C'est l'aspect initiatique du conte : après être passés par toute une série d'épreuves, ils sont toujours là et ils ont grandi. Le conte aide à grandir et à vivre.
Pour travailler avec les enfants sur l'activité de conter, on peut partir des collectages de leurs récits de vie qui constituent une source importante de récits qu'il s'agit ensuite de mettre en forme. Pour cette mise en forme, on peut passer par l'enregistrement ou par la retransmission.
C'est en racontant régulièrement des histoires aux enfants, petits et grands, qu'on leur donne le goût du récit et de la lecture. Il serait d'ailleurs souhaitable de rééquilibrer le temps consacré au travail de l'oral et le temps consacré à celui de l'écrit à l'école élémentaire. Le travail sur le conte ou la prise en charge collective d'histoires fait souvent beaucoup progresser les élèves en difficultés, en donnant du sens à l'écrit et en structurant le langage.
Ce travail aide en outre à la maîtrise de plusieurs niveaux de langage (on ne fait pas parler un ogre de la même façon qu'un roi). Le langage est une matière sonore et il est intéressant de le travailler au niveau de la musicalité, en recherchant des manières de dire vivantes et expressives, qu'on peut puiser dans les différentes cultures qui nous entourent. Le répertoire des comptines, microformes de narration, et qu'on retrouve dans les contes sous forme de formulettes, est également très riche à utiliser, mettant en valeur le côté musical, ludique, poétique de l'expression. "

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Ressources

La Maison du Conte
6-8, rue Albert Thuret
94550 Chevilly-Larue
01 49 08 50 85

La Maison du Conte propose un centre de documentation sur le conte, que l'on peut consulter sur place. Elle peut conseiller des conteurs pour intervenir dans les classes, en fonction des projets menés. La Maison du Conte dispose également d'un site internet.

Bibliographie :
La petite fille dans la forêt des contes - Pierre Péju - Robert Laffont 2001
Le conteur amoureux - Bruno de la Salle - Casterman 1995
La poétique du conte - Nicole Belmont - Gallimard 1999

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Compte rendu rédigé et mis en ligne par Chantal Bouguennec le 18/02/2002

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