consulter une bibliographie sur le cirque
Introduction
(Marie Lavin)
L'étonnement,
une valeur éducative (Henriette Zoughebi)
Éloge
de la ligne claire (Pascal Jacob)
Le
cirque en littérature (Guillemette Tison)
Le
cirque entre aventure et travail (Francis Marcoin)
Le
clown dans les albums des 15 dernières années (Danielle Dubois-Marcoin)
Pour
une renaissance des images du cirque (Jean-Claude Lallias)
Les
artistes (auteurs, illustrateurs, circassiens)
Le
PNR des arts du cirque
Le colloque qui s'est tenu mercredi 28 et jeudi 29 janvier 2004 à la
Bibliothèque Nationale de France, s'adressait aux bibliothécaires,
professionnels du livre, auteurs et illustrateurs, circassiens, enseignants
et artistes...
Lors de ce colloque, auteurs et illustrateurs, professionnels du livre de jeunesse
ainsi qu'artistes circassiens ont évoqué "leurs" images
du cirque et mené une réflexion commune sur sa représentation
dans la littérature de jeunesse. En effet, le cirque a de tout temps
été un thème de prédilection pour la littérature
de jeunesse. La récente et profonde évolution de ces deux disciplines
leur ayant ouvert une dimension définitivement artistique, une analyse
du rapport entre ces deux formes, longtemps considérées comme
marginales, s'avérait indispensable. Ainsi, une approche patrimoniale
et une analyse des réalités contemporaines des arts du cirque,
notamment par la lecture de ses figures archétypales, ont permis de s'interroger
sur la part d'imaginaire et de réalité véhiculée
et de faire émerger ce qui semble désormais en construction.
Pascal Jacob (historien des arts du cirque), Lorenzo
Mattotti (illustrateur), Marie Nimier (écrivain),
Fred Bernard (auteur - illustrateur), François
Roca (auteur - illustrateur), Fred (auteur
- illustrateur), Francis Marcoin et Danièle Dubois-Marcoin
(chercheurs au CREDIL - Université d'Artois), Gilles
Defacque (metteur en piste au Prato à Lille), Cédric
Paga (le clown Ludor Citrik).
Des bons usages des partenariats : naissance d'un colloque
De l'Académie de Créteil, les médias ne véhiculent
souvent qu'une vision assez négative, or quand il s'est agi, il y a trois
ans, lors du lancement du plan de cinq ans pour les arts et la culture, de décider
de l'implantation des Pôles nationaux de ressources, cette Académie
si stigmatisée a fait preuve de tant d'expertise, d'une telle capacité
d'innovation que, seule en France, elle s'est vu confier la responsabilité
de quatre de ces pôles. Ce choix reflétait tout simplement une
réalité, celle d'un territoire riche en ressources culturelles,
fécond en recherches pédagogiques du fait même des problèmes
rencontrés, (élèves en grande difficulté sociale,
très grand nombre de non francophones etc ....), où l'on est obligé
d'inventer, où la pédagogie de projet est encouragée et
valorisée par nombreux dispositifs. Dans cette académie, des habitudes
de travail en partenariat existaient depuis longtemps avec de nombreuses structures
culturelles, entre acteurs de l'Education Nationale (DAAC, CRDP, IUFM, MATICE)
et avec la DRAC, tous impliqués à des degrés divers dans
une politique concertée avec une conviction majeure : la lutte contre
l'échec scolaire passe par la découverte artistique, par l'ouverture
des jeunes à la culture.
Quatre pôles (image photographique, ville/architecture/patrimoine, littérature de jeunesse et cirque) ont donc été créés en 2001 dans des domaines où l'Académie avait fait la preuve de son excellence ; ils ont pour rôles essentiels la formation de formateurs et de personnes-ressources, l'animation lors de colloques et d'expositions, la recherche, la diffusion documentaire et l'édition. Deux de ces pôles, tout en développant leur activité propre avec leur partenaire référent (Hors Les Murs pour le cirque, La Joie Par Les Livres pour la littérature de jeunesse) et leurs partenaires associés (le Parc de la Villette, la Ferme du Buisson, l'Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny et l'association Regards et Mouvement dans le cas du cirque, le Centre de Promotion du Livre de Jeunesse, l'institut International Charles Perrault et Livres au Trésor en ce qui concerne la littérature de jeunesse), proposent aujourd'hui un colloque commun.
A l'heure où la littérature de jeunesse entre enfin "au
programme" des élèves de l'école primaire, alors que
le cirque se voit reconnaître à la fois une légitimité
artistique et scolaire, il est important de s'interroger sur leurs rapports
mutuels : le cirque vit une mutation considérable, multiplie les
expériences, parallèlement il se patrimonialise, est objet d'histoire
et d'enseignement ; comment la littérature de jeunesse rend-elle
compte de ces évolutions ? Comment leurs langages différents
dialoguent-ils, entrent-ils en résonance ? Ces deux jours de colloque
sont l'occasion de commencer une confrontation féconde.
Marie Lavin, déléguée académique à
l'éducation artistique et l'action culturelle de l'Académie de
Créteil.
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Le colloque "Images du cirque dans la littérature de jeunesse" résulte de la rencontre de celles et ceux pour qui le cirque n'est pas qu'un divertissement et la littérature de jeunesse qu'un support ludique pour la lecture. L'évolution de cette vision intéresse au plus haut point l'école. Le cirque comme la littérature de jeunesse sont des arts populaires qui croisent le monde de l'enfance et sont en plein renouvellement. L'école doit désormais s'intéresser autant à la modernité qu'au patrimoine pour permettre à tous les enfants d'enrichir leur imaginaire.
Chacun
a en mémoire le film "Le cirque" où Charlot nous fait
rire de la cruauté du monde et des hommes. Notre rire et celui des enfants
est d'autant plus franc qu'il est aussi la revanche des petits, des humbles
par rapport aux grands, adultes et puissants. C'est sans doute l'un des charmes
du cirque que cette rencontre entre l'enfance et les petites gens. L'expression
"Quel cirque !" renvoie à une forme de désordre stimulant
pour remettre en cause les règles du jeu. Le rapport au jeu, présent
également dans le travail sur la langue, porte une idée de gratuité
et de liberté.
L'autre image qui marque les esprits est l'assimilation des gens du cirque aux gens du voyage que signale Le Petit Robert dans sa définition du cirque. Le Petit cirque de Fred en est une illustration. Sa parution en 1973 constitue un événement dans la bande dessinée par la qualité de son graphisme novateur et de son scénario. De nombreux livres développent le rapport à l'étranger, à la différence, voire à l'étrangeté. II y a dans l'imaginaire du cirque comme dans l'imaginaire enfantin, toute une poésie du voyage, du déplacement, de l'aventure. A ce titre, le cirque comme la littérature de jeunesse sont porteurs de valeurs humaines et artistiques. Ils permettent de nourrir de façon ouverte le regard sur le monde et rendent disponible, accueillant, en provoquant l'étonnement. Développer la capacité d'étonnement, la curiosité, l'ouverture d'esprit ne sont-ils pas à la base de toute éducation ?
Aujourd'hui, sur la piste comme dans les albums, la mise en scène, le
mouvement, les couleurs, la poésie sont au moins aussi importants que
la performance. Les artistes de cirque et les auteurs et illustrateurs intègrent
héritage et stéréotypes pour jouer avec, voire les contester,
les détourner, créer les passerelles avec la danse, le théâtre,
les arts plastiques, la poésie pour une plus grande liberté du
spectateur et du lecteur. Ces rencontres singulières entre les arts,
les univers d'artistes ne sont-elles pas de nature à renouveler les visions
et à ouvrir l'imaginaire des enfants ?
Henriette Zoughebi
Conseillère livre et littérature au département arts et
culture du SCÉREN-CNDP
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À partir de la fin du dix-huitième siècle se développe en Occident, en fonction d'une certaine vision du monde, une forme spectaculaire baptisée après quelques hésitations, cirque. Le cheval en représente immédiatement, constitutivement, un axe à la fois politique, économique et esthétique.
Synthèse de l'académisme équestre et des pratiques saltimbanques alors en vigueur sur les champs de foire, initié par un militaire reconverti, le cirque moderne se codifie en quelques décennies. II offre à un public plutôt bourgeois des spectacles fondés sur la diversité. Sans doute importées des champs de bataille, les couleurs vives de ses costumes et de ses uniformes initialisent la représentation, contredisent l'angoisse et créent une étrange exaltation. Les numéros qui s'enchaînent rapidement - le temps mort est l'ennemi du cirque - sont autant d'éphémères jouissances. Une excessive fragilité de l'instant, exprimée simplement et sincèrement dans le saut réussi, s'accorde bien à l'avidité avec laquelle l'il du spectateur absorbe exploit après prouesse. C'est la mise en uvre d'un élan vital, emporté par le poids de ses acteurs et qui oscille sans cesse entre destruction et triomphe. Tout le dix-huitième siècle, précieux cadre d'apparition du cirque moderne, n'est d'ailleurs, par certains de ses aspects, qu'un tourbillon, une apologie du plaisir, de l'émerveillement premier à la déchirure finale.
Très
tôt, le cirque est couleurs. Rythmes aussi. Lignes enfin. II joue de la
piste comme d'une surface claire, une page vierge toujours à remplir,
hésitant encore pour se définir entre Sisyphe, les Danaïdes
ou Pandore, mêlant avec avidité les références sans
pour autant se résigner à en choisir aucune. S'il se bariole avec
autant de désinvolture, c'est peut-être parce que le cirque ne
vise qu'à offrir le plus charmant des divertissements et qu'il enchaîne
ses saynètes équestres et acrobatiques avec la plus grande simplicité.
Au dix-neuvième siècle, le rouge vif, l'or scintillant, le blanc
éclatant, le noir brillant, contredisent par leur éclat les zones
d'ombre d'un spectacle toujours en cours de formulation empirique. Ce code de
l'apparence, le cirque va s'en faire une identité et l'imposer aux quatre
coins du monde occidental comme un symbole. Ainsi, sans y penser, les teintes
vives, l'ardeur des chevaux et des écuyers évoquent plus que toute
autre chose la fougue et l'inconscience de la jeunesse. Elles emblématisent
et identifient les jeux de la piste comme vitaux, ardents, sains mais superficiels.
Le cirque n'en est pas pour autant innocent.
Traditionnellement, le cirque est parfum. De poudre, de sang, de sueur aussi
sans doute, brutal dans ce qu'il révèle, violent dans ce qu'il
dissimule. Ce qu'il cache sous le tapis rouge, derrière ses tentures
de velours, ce qu'il coud à sa toile, qu'il foule dans la sciure, enferme
dans ses roulottes ou étreint sur ses trapèzes relève pourtant
de l'indicible. II y a quelque chose de puissamment dramatique dans cette simple
exhibition d'objets vivants dont on ne sait plus très bien à quelle
espèce ils appartiennent, surhommes ou demi-dieux, et qui semblent pourtant
si facilement interchangeables. Physiquement surentraînés, ils
imposent à la société qui vient les visiter une nouvelle
esthétique, étirée de la convention à l'aberration,
de la norme à l'extravagance. Sur la piste de cirque, espace d'intense
liberté codée, à l'unité classique des origines
se substituent l'assemblage et la diversité dans la construction. Par
sa disposition nette, le cirque s'affranchit des cadrages. II projette plus
qu'il ne propose. Exhibe davantage qu'il ne dissimule, assène plus qu'il
ne soumet.
Aujourd'hui encore, le cirque, en rupture de logique pure, évacue, brise,
raccourcit et clarifie les lignes. Son spectacle fonctionne comme un fragile
bâti de couturière, structuré à larges points, inspiré
par une dramaturgie complexe ou simplifiée, sans failles ni faiblesses,
fracturé par nécessité, fluide par choix. II se développe
toujours sur un fond clair, intense, sur lequel viennent buter les figures emblématiques
de la célébration. Un lieu vital, ritualisé et offert qui
avive la puissance des choses, gestes et attitudes, qui ne vibrent que par la
lumière. Faisceaux de muscles, étendues saillantes de peaux brûlées
hier par le feu des chandelles et frôlées par celui des lampes
et des projecteurs aujourd'hui. C'est un spectacle de la fulgurance. Une forme
d'art désormais, virevoltant et agressif, qui s'évertue à
donner vie et chair à toutes les formes de désordre.
L'un des enjeux de ce colloque, au-delà de créer de nécessaires
bulles de réflexions, d'imaginer d'étonnantes variations sur les
inflexions de la ligne, courbe, droite ou segmentée, est sans aucun doute
d'affirmer une sinueuse parenté entre l'apprentissage acrobatique, l'étude
des formes et des figures comparable par bien des angles à l'acquisition
d'une grammaire, et celui du dessin, préambule à l'épanouissement
du travail graphique. Une manière de tracer à quatre mains les
contours d'un nouveau répertoire.
Pascal Jacob, chargé de cours des arts du cirque
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Guillemette Tison est maître de conférences honoraire à l'Université d'Artois. Elle mène des recherches, dans le cadre du CRELID sur la place donnée à l'enfance dans la littérature du XIXe siècle.. Elle assure le secrétariat de rédaction de la revue du CRELID, les Cahiers Robinson. Elle a notamment publié : Une mosaïque d'enfants, l'enfant et l'adolescent dans le roman français, 1876-1890. Arras, Artois presses Université, 1998; Le Roman de l'école au XIXe siècle, Belin, Histoire de l'éducation, à paraître en avril 2004.
La
littérature pour les adultes de la fin du XIXe siècle et du début
du XXe siècle accorde une place importante au cirque et aux saltimbanques.
Dans les romans qui en parlent, l'enfant est un personnage privilégié,
ce qui peut s'exprimer en termes d'espace : sous le chapiteau circulaire,
l'enfant "circule", volé, vendu, donné ; ou, sédentaire,
il rêve de s'évader avec la troupe. La vie du jeune saltimbanque
relève à la fois de la formation et de la déformation,
physique, morale. Mais le cirque est aussi pour l'enfant un lieu de passage :
la parade qui défile ouvre sur bien des rêves, le clown incarne
l'ailleurs. Lieu des étapes essentielles de la vie, le cirque apporte
souvent l'amour, voire la mort. La vraie évasion est plus symbolique,
c'est celle qu'expriment les poètes, évoquant le saut dans les
étoiles qui libère l'enfant, tout comme l'artiste, de la pesanteur
et de la quotidienneté. Le cirque est bien, pour tout spectateur, pour
tout lecteur, un espace d'enfance.
Guillemette Tison
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Francis Marcoin est professeur de littérature à l'université d'Artois. II dirige le centre de recherches littéraires "imaginaire et didactique" (CRELID) dont l'un des axes principaux est la culture et la littérature de l'enfance. La revue de ce centre, les Cahiers Robinson, a publié un numéro intitulé L'Enfant des tréteaux.
C'est d'abord le saltimbanque qui a fasciné la littérature de
jeunesse, sa vie errante, sa "maison roulante" et sa troupe pittoresque
où l'on trouve presque toujours un enfant volé. Ce fantasme du
rapt, tout en satisfaisant l'imagination romanesque, brouille longtemps l'image
du cirque qui va évoluer cependant. En effet, la ménagerie, les
animaux, vont prendre une place de plus en plus importante, tandis qu'une inspiration
comique tend à l'emporter, mettant au premier plan le personnage du clown.
Aujourd'hui, l'intérêt se déplace vers la fabrication du
spectacle lui-même, désormais considéré comme un
art à part entière, et le bonimenteur, la gitane mystérieuse
ou l'enfant souffreteux disparaissent de ces représentations plus réalistes.
Francis Marcoin
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Danielle Dubois-Marcoin est maître de conférences en arts du spectacle à l'université d'Artois. Elle mène des recherches sur la littérature de jeunesse (thèse sur les robinsonnades au XIX° siècle) ainsi que sur le théâtre pour la jeunesse (plus particulièrement sur le nouveau répertoire).
Depuis
qu'il existe, l'album illustré pour la jeunesse a mis en scène
le monde du cirque à partir de motifs plus ou moins stéréotypés,
plus ou moins fidèles à la réalité...
La production des auteurs et illustrateurs de ces quinze dernières années
invite souvent les jeunes lecteurs à projeter dans la figure du clown,
personnage décalé s'il en est, pulsions, désirs et angoisses,
qui les habitent : sur la piste du cirque se jouent à la fois l'évitement
et la rencontre du réel. Ainsi la piste est tour à tour espace
d'évasion, de dérèglement jubilatoire, espace de confrontation
et de rébellion...
Cependant, dans un univers trop souvent bâillonné par la soumission
au "politiquement correct" (au "pudiquement correct", pourrait-on
dire), l'album, parce qu'il repose non seulement sur le texte mais aussi largement
sur l'image (une image elle aussi bien souvent décalée par rapport
aux modes de représentation dominants), peut se permettre de soulever,
notamment à travers la figure du clown, des questions scandaleuses, de
celles dont les enfants savent bien qu'elles existent...
Danielle Dubois Marcoin
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Le renouveau des Arts du cirque modifie depuis plus de quinze ans maintenant les images les plus traditionnelles de l'univers et des métiers du cirque. Les formes actuelles de création mettent en jeu de nouvelles représentations du corps, dépassent la seule performance technique et créent des univers personnels et poétiques. Les artistes de cirque croisent les apports de la danse, du théâtre, de la vidéo, et sont animés d'une quête passionnée qui les conduit aux sources les plus originelles de chacune des grandes disciplines de la piste. Ils présentent des uvres qui rencontrent ainsi de nouveaux publics dont les aspirations et les rêves vibrent à l'heure d'un monde "désenchanté" et plein d'interrogations. Les "arts de la piste" invitent ainsi au partage de nouvelles fêtes sensibles.
Dans
l'imagerie la plus courante, au moins depuis les années cinquante, le
cirque est devenu par excellence "le spectacle" pour enfants. II propose
au menu une suite de numéros canoniques : les animaux domptés,
les jongleurs virtuoses, les trapézistes intrépides, l'écuyère
gracieuse, les chimpanzés humanisés, les contorsionnistes scintillants
et bien sûr une panoplie d'augustes et de nez rouges ! A cela s'ajoute
la belle mythologie de l'errance, de la performance surhumaine, du strass, de
la dorure et du rassemblement des générations autour d'un lieu
magique, "hors" des banalités du monde alentour. L'un des enjeux
du colloque est d'interroger l'Histoire et de comprendre comment de si puissantes
images colorées et exotiques ont envahi peu à peu les livres de
jeunesse pour constituer un "fond d'imaginaire" inépuisable
et relativement stable. D'interroger aussi les valeurs que véhiculent
ces représentations aux yeux des enfants, moins naïves qu'on le
croit le plus souvent.
Les Arts du cirque d'aujourd'hui, dans leur diversité d'inspiration, préservent l'immédiateté d'un rapport évident au corps poétique et s'adressent à de vastes publics de tous âges. Arts savants et arts populaires, leur énergie créative se savoure sans la nécessité de préalables ou de références accumulées. Leurs formes renouvelées les plus réussies ménagent toujours des niveaux de lecture et d'adhésion accessibles à tous, petits et grands. Peut-être le cirque actuel est-il en train de révéler sous nos yeux les formes encore naissantes d'une "nouvelle mythologie contemporaine". Peut-être ses artistes nous montrent-ils de nouvelles façons d'être au monde, d'interroger nos pouvoirs, de chercher d'autres relations avec la nature et avec nous-mêmes. Peut-être nous permettent-ils de vivre par procuration et par anticipation des valeurs collectives, non encore "nommées" par nos pauvres mots usés. Peut-être que leur engagement poétique incarne pour chacun de nous, souvent avec humour et dérision, un idéal de liberté créative qui dénonce notre quotidien uniformisé et standardisé, destructeur et froidement marchand. Peut-être leur gratuité "enfantine" à tenter l'infaisable, l'impensable, le "non écrit" correspond-il en profondeur à de nouvelles utopies. Peut-être que leur "artisanat artistique", fondé sur un travail intense mais désiré, réfute t-il la disqualification des corps, robotisés par des tâches d'exécution répétitives et sans âme que notre économie mondialisée multiplie partout ...
Gageons que l'enjeu principal du colloque sera bien de faire nôtre le
désir de donner aux enfants et aux jeunes, à travers la création
littéraire et les albums, de nouvelles images du cirque, plus inventives,
plus interrogatives et finalement plus en prise avec le désir de construire
ensemble un avenir du monde "plus habitable".
Jean-Claude Lallias, conseiller Théâtre et Arts du cirque
Département Arts et culture, Scérén-CNDP
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Andréa Linet
Née en Angleterre en 1969, plasticienne sortie du Chelsea School
of Art de Londres en 1992, Linet Andréa est fascinée par le trapèze
et le chant. De 1994 à 1996, au CNAC, elle se spécialise dans
le chant sur "Pendule". Elle travaille alors notamment avec François
Cervantès, la Cie Pierre Doussaint, Gérard Fasoli, la Cie Mario
Gonzalez, Gulko, Francesca Lattuada, Alexandre Del Perugia, Moïse Touré,
François Verret.... Aujourd'hui, après 8 ans de pratique circassienne,
Linet Andréa retrouve ses origines artistiques en retournant à
l'art pictural.
Bernard
Fred
Fred Bernard est né en 1969. II étudie aux Beaux-Arts puis
à l'Ecole Emile Cohl. II illustre Warf, le pirate de Philippe-Henri
Turin, en 1995 au Seuil jeunesse. II a depuis publié de nombreux albums
qui ont reçu plusieurs prix. Jésus Betz réalisé
en collaboration avec François Roca (Seuil jeunesse, 2001) a reçu
le prix Baobab de l'album. L'Homme-Bonsaï est édité
par Albin Michel jeunesse en 2003.
Defacque Gilles
Gilles Defacque, né en 1945 est à la fois clown, comédien,
écrivain, metteur en scène et directeur du Prato. II écrit
notamment pour le "Bégaiements", "Ça partirait
de Friville Escarbotin", ses solos. Il met également en scène
des spectacles de rue, tels : "De la Révolution comme un cortège"
en 89, "T'aimes trop l'ballon rond, mon amour ! " (1999)
à "Deûles d'amour" créé en mai 2004. Dans
le répertoire classique il affirme une prédilection pour Beckett
avec "En Attendant Godot" (1993), "Fin de Partie" (1997)
et "Oh les Beaux jours" (1999). Louis Calaferte. Après plusieurs
années de complicité clownesque avec Alain D'haeyer, le duo prend
des voies différentes, Gilles Defacque explore la figure du clown dans
des spectacles aux distributions plus importantes - "Mélancolie
Burlesque" (1999), "Opéra Bouffe Circus" (2002) - ou transmet
comme là avec les trois clownesses de "Une piste, l'autre" ;
pour la 20ème édition du festival du Prato "Au Rayon Burlesque",
Gilles Defacque et Alain D'Haeyer retournent sur les pas de "La Polka des
Saisons" créé en 1979.
Gilles Defacque est également directeur du Prato, Pôle Régional
Cirque à Lille
Fred
Fred (Othon Aristides) est né le 5 mars 1931 à Paris. Après
avoir dessiné pendant toute son enfance, vers 18 ans, il publie un dessin
dans Ici Paris qui paraîtra sans son nom. A son retour de l'armée,
il dessine pour France Dimanche, Paris Match, Le Hérisson et
Quartier Latin. Avec Georges Bernier et Cavanna (rencontré à
Ici Paris) Fred, promu directeur artistique, crée Hara-Kiri
en septembre 1960. II en exécute les 60 premières couvertures.
II revient à la bande dessinée avec Les Petits Métiers,
Le Manu Manu, Tarsinge l'homme Zan et Le Petit Cirque. En 1965, il
rejoint Pilote, où il donne naissance à Philémon,
une série qui compte quinze albums à ce jour. Fred a également
adapté en BD le Journal de Jules Renard pour Flammarion (1988)
et signé plusieurs autres "romans graphiques" chez Dargaud,
dont L'Histoire du conteur électrique (1995).
Mattoti
Lorenzo
Lorenzo Mattoti est né en Italie en 1954. II a étudié
l'architecture à l'Université de Venise avant de s'orienter vers
le graphisme. En 1977, il rejoint "Valvoline" qui regroupe des artistes
souhaitant renouveler l'esthétique et la linguistique de la bande dessinée.
II dessine pour la presse américaine et européenne, publie des
recueils d'illustrations, des livres pour enfants (succès international
de Pinocchio, Albin Michel, dès 1993) et des bandes dessinées
couronnés par de nombreux prix, dont le Grand prix de Bratislava en 1993
pour Eugenio qui sera ensuite adapté en dessin animé. Son
dernier ouvrage, Angkor, un carnet de voyage, est paru en janvier 2004
(Le Seuil).
Nimier Marie
Marie Nimier est née en 1957 à Paris. Elle publie son premier
roman en 1985, Sirène (Gallimard) et a depuis écrit une
douzaine d'ouvrages dont La Nouvelle pornographie (2000). Elle a également
travaillé pour le théâtre et la chanson. Marie Nimier a
notamment publié pour la jeunesse : Une mémoire d'éléphant,
ill. Quentin Blake, Gallimard, 1998, Le monde de Nounouille, Albin Michel
Jeunesse, 2001, Charivari à Cot-Cot-City, Albin Michel Jeunesse,
2001, Etna, la fille du volcan, Hervé Di Rosa, Paris-musées,
2003.
Paga Cédric
Depuis 1993, Cédric Paga a travaillé les arts clownesques
avec Michel Herman, Fabienne Gozlan, Serge Poncelet, Laurent Gaultier avant
de rencontrer Eric Blouet en 1997. S'ensuit alors un travail sur l'implication
du comédien et l'improvisation dans le clown. Depuis 2000, il commet
Ludor Citrik, clown à la fois bouffon, ludique et cruel. En 2002, il
est lauréat de Jeunes Talents Cirque et vient en résidence
au Prato pour créer "Je ne suis pas un numéro" en mars
2003, son dernier spectacle en date.
Riot-Sarcey André
Né en France en 1951, André Riot-Sarcey devient instituteur.
En parallèle, de 1972 à 1974, il découvre l'univers du
clown chez Jacques Lecoq. En 1975 il quitte l'Education Nationale, et débute
à la création du Cirque Roncalli en Allemagne comme principal
clown. Pendant 10 ans il marie clown et comédie. Depuis André
Riot-Sarcey se consacre essentiellement à l'écriture et à
la mise en scène. En 1990, il fonde la troupe des Nouveaux Nez
avec quatre de ses élèves du CNAC de Châlons-sur-Marne.
Dernier spectacle en date : "Sept clowns sur un fil".
Roca François
François Roca est né à Lyon en 1971. II poursuit des
études à Paris à l'Ecole Nationale des Arts Appliqués
Olivier de Serres, section Image et Communication puis à Lyon, à
l'Ecole Emile Cohl en illustration. II peint. Son premier ouvrage, Solinké
du grand fleuve (Albin Michel Jeunesse, 1996) reçoit le prix Chrétien
de Troyes. II publie de nombreux ouvrages en collaboration avec Fred Bernard :
La reine des fourmis a disparu (Albin Michel jeunesse, 1996) a reçu
le Prix Sorcières, le Prix Alphonse Daudet, le Prix Jérôme
Main ; Jésus Betz (Seuil jeunesse, 2001) a reçu le
prix Baobab de l'album. L'Homme-Bonsaï est édité par
Albin Michel jeunesse en 2003.
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Images du cirque dans la littérature de jeunesse
Les
actes du colloque
Jacob, Pascal (Compilateur)
Documents, actes et rapports pour l'éducation
SCÉRÉN-CRDP de l'académie de Créteil - 2005 - 17 €
Le cirque et la littérature de jeunesse, plus que de simples divertissements,
sont des arts populaires en plein renouvellement qui permettent à tous
les enfants d'enrichir leur imaginaire. D'où la naissance d'un colloque
tenu à la Bibliothèque Nationale de France dont les actes relatent
ici la richesse et la confrontation féconde. Né d'un partenariat
entre l'Education Nationale et la Culture, il s'appuie sur le dispositif des
classes à PAC et sur la création de Pôles Nationaux de Ressources,
tel que les PNR "Arts du Cirque", Arts du spectacle" et "Littérature
de jeunesse".
Thème nouveau à l'école, les arts du cirque soulèvent
de nombreuses interrogations pour les enseignants et les intervenants désireux
de guider les élèves à travers cet univers en perpétuelle
recréation. Depuis sa création, le PNR arts du cirque de l'académie
de Créteil tente de répondre à deux d'entre elles :
comment aborder un partenariat entre enseignant et artiste et comment rendre
compte de la dimension culturelle de cette discipline ?
Dans ce but, depuis 2002 quatre formations ont été proposées
aux personnes ressources de l'Education Nationale et de la culture.
Deux ont été organisées en partenariat avec Regards
et Mouvements. "Les arts du cirque, de la prouesse sportive à
la création artistique" portait sur la place du cirque dans l'éducation
artistique et les modalités du partenariat dans les différents
espaces de travail proposés par l'école. "Jeux d'éveil,
jeux de cirque" portait sur la connaissance de l'évolution sensorielle
et de la psychomotricité de l'enfant.
Une formation sur le thème de la création de personnages de théâtre à partir de techniques circassiennes fut le résultat d'un partenariat avec la Ferme du Buisson -Scène Nationale de Marne-La-Vallée. Elle a été animée par Guy Alloucherie et la Compagnie Anomalie. Par ailleurs le PNR arts du cirque, en partenariat avec l'Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny-sous-Bois et La Villette, a également organisé une formation intitulée : "le cirque comme objet culturel", dont l'objectif fut double. II s'agissait, d'une part, de mener une réflexion sur la manière de concevoir une initiation aux arts du cirque au regard des approches pédagogiques des écoles professionnelles et des écoles de loisirs. D'autre part, les stagiaires ont abordé la question de la valorisation de la dimension artistique de cette discipline.
Le PNR arts du cirque de l'académie de Créteil a également apporté son soutien à la réédition, avec la Villette, des "Cahiers de cirque". Cet ouvrage s'adresse aux amateurs de cirque, et a été conçu de manière à présenter toutes les ressources nécessaires à un enseignant débutant un projet autour des arts du cirque. II allie fiches pratiques et textes de portée générale. II est en vente au CRDP de l'académie de Créteil, 7 rue Roland Martin 94500 Champigny sur Marne, tel 01 41 81 20 20.
Un fonds documentaire spécialisé, complémentaire avec
ceux des partenaires du PNR est en cours d'élaboration. Les documents
seront disponibles à la consultation et au prêt au CDDP de Seine
Saint Denis, 48-50, rue Anizan-Cavillon, 93350 Le Bourget, tel 01 49 92 17 17.
De nouvelles formations seront proposées en 2004 et 2005.
en
savoir plus sur les actions du PNR arts du cirque
- Le Pôle National de Ressources Arts du cirque de l'académie
de Créteil
- Le Pôle National de Ressources Littérature à
dominante littérature de jeunesse de l'académie de Créteil
- Le Pôle National de Ressources Arts du spectacle de
l'académie de Champagne-Ardenne (en préfiguration)
- Le département arts et culture du SCÉRÉN / CNDP.
retrouver le programme du colloque
Sur le site académique, les pages d'Infocomm proposent un reportage
sur les principaux moments de ce colloque.
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le reportage
consulter une bibliographie sur le cirque
